Chapitre 3 - Les superpuissances entre dialogues et tensions
Plan de l'article
De la crise de Cuba en 1962 à la dissolution des blocs en 1989, les superpuissances que sont les Etats-Unis et l'URSS, en dépit des tensions qui les séparent, vont toutefois parvenir à établir des phases de dialogues, dont le but principal, est d'éviter toute guerre thermo-nucléaire.
A l’intérieur du bloc soviétique, à la mort de Staline, a lieu le 20e congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique. Il est en rupture avec la politique Stalinienne. On préfère choisir une politique détendue.
De plus, le bloc se fissure avec la rupture sino-russe. Certains pays d’Europe de l’Est demandent plus d’autonomie au « grand frère soviétique ».
En 1956, les chars russes circulent à Budapest.
En 1968, la même chose se déroule à Prague. Des manifestations sont réprimées dans le sang.
Dans le bloc occidental, des difficultés apparaissent notamment dans le domaine social avec la lutte des afro-américains pour leur droit (Luther King) ou de la jeunesse (en pleine guerre du Viêtnam).
D’un point de vue militaire, les alliés se disloquent. De Gaulle mène une politique de grandeur luttant contre l’influence américaine. Il retire la France du commandement unifié de l’OTAN, s’oppose à l’entrée dans l’Europe du Royaume-Uni et incite les peuples du Sud à se démarquer de la politique américaine. La France se dote de la bombe atomique.
En outre, la course aux armements et à l’espace coûte très cher et les sous-marins nucléaires bouleversent les tactiques classiques.
On se met donc à réfléchir.
B - Les aspects de la détente : l’entente
Des rencontres au sommet ont lieu entre les 2 grands notamment entre Nixon et Brejnev.
Les relations commerciales reprennent également. Des céréales sont envoyées à l’URSS. Dans la course à l’espace, une mission commune est organisée (Apollo-Soyouz).
Les expériences militaires dans l’atmosphère sont limitées et on essaie d’empêcher la prolifération de l’arme atomique.
En 1972, un accord est signé pour limiter la course à l’armement stratégique : SALT 1.
C - La détente… mais pas la fin des tensions
Ainsi, sur le plan idéologique, de terribles divergences persistent via la propagande. De même, le Proche-Orient se « réveille ».
II - 1975-1985: la "guerre fraîche"
On assiste à un regain de tensions. Pourquoi ?
A - Les revers américains
Le Viêtnam est évacué d’urgence : la guerre est un véritable fiasco.
1979 : une révolution islamiste survient au Proche-Orient et chasse le Shah d’Iran lequel était soutenu militairement et financièrement par les USA à cause du pétrole. L’ayatollah Khomeiny dirige désormais l’Iran.
52 membres du personnel de l’ambassade américaine sont pris en otage pendant plus de 440 jours à Téhéran.
L’humiliation est totale dans un contexte de campagne aux Etats-Unis. Jimmy Carter perd les élections face à Ronald Reagan lequel avait tenté une opération sauvetage héliportée qui avait échoué lamentablement. En outre, les guérilleros Sandinistes s’emparent du pouvoir au Nicaragua en faveur du communisme.
B - Les soviétiques à l’offensive
En 1979, l’URSS envahit l’Afghanistan. Un dirigeant communiste est porté au pouvoir par un coup d’Etat. Les USA encouragent la guérilla avec Massoud et Ben Laden.
Ils interviennent au Laos et au Cambodge (les Vietnamiens). Cuba se lance aussi dans une politique interventionniste à l’étranger (Ethiopie, Angola, île de Grenade). Le Che Guevara est à la tête des armées.
Le Mozambique passe lui aussi à l’Est.
C - « America is back ! »
Reagan, ancien Maccarthiste, républicain, ancien acteur d’Hollywood, repart en croisade contre l’empire du mal.
Les américains renversent le régime communiste de Grenade. Ils financent une guérilla antisandiniste au Nicaragua qui déstabilise le gouvernement sandiniste. Ils font la même chose au Salvador, au Guatemala, en Angola (UNITA) et au Mozambique (RENAMO). L’Afrique du Sud est soutenue par les USA avec son régime d’Apartheid (Nelson Mandela lutte contre cela).
Il relance la course aux armements avec le déploiement en Europe de fusée (Pershing-Cruise / SS20), plus particulièrement en Allemagne.
1983 : IDS (Initiative de Défense Stratégique) est mise en place. C’est la « guerre des étoiles ».
En 1980, les J.O de Moscou sont boycottés. 4 ans plus tard, à Los Angeles, les Russes boycottent à leur tour.
III - La dissolution des blocs
A - L’effondrement du bloc soviétique
Mikhaïl S. Gorbatchev arrive à la tête de l’URSS en 1985, à l’âge de 54 ans alors que ses prédécesseurs n’étaient que des vieillards (Andropov, Tchernenko). Il est conscient de la faillite communiste. Il veut réformer pour survivre (Perestroïka), le tout dans la transparence (glasnost). Il souhaite dire les choses telles qu’elles le sont.
Ainsi, la course aux armements ruine l’URSS. Le 25 avril 1986 survient la catastrophe de Tchernobyl.
Il signe avec Ronald Reagan des traités de limitation des armements et de baisse du nombre d’armes (Traité de Washington). Les troupes soviétiques se retirent de l’Afghanistan en 1989.
Ces tentatives de réformes et de démocratie déclenchent des effets qu’il ne peut maîtriser.
La révolte vient tout d’abord des pays les plus hostiles à l’URSS.
Le signal de la révolte provient de la Pologne. Jaruzelski est le chef de l’Etat polonais, prosoviétiques aux mais de Moscou. Ici, la révolte est émise par un syndicat, le Solidarnosc (Solidarité) avec à sa tête Lech Walesa. Gdansk devient le bastion des ouvriers syndiqués regroupés dans la zone du chantier naval. L’église catholique élit un pape polonais, Jean-Paul II, qui les soutient. Cette lutte s’étant sur plusieurs années et déboule sur des élections rouges. Les anticommunistes gagnent.
La Hongrie, 1er pays à ouvrir ses frontières vers l’Occident permet le passage des allemands de l’Est vers l’Ouest. Tout cela se passe en douceur. L’URSS ne soutient plus ces pays.
Le mur de Berlin s’effondre le 9 novembre 1989 alors que des habitants attaquent le mur à coup de pierre. On annonce la tenue d’élections libres.
La même chose pour la Bulgarie, la Tchécoslovaquie et en Roumanie, où les dictateurs mégalomanes sont déchus par une vraie révolution. Ils sont exécutés après un jugement « sommaire ».
Le cordon protecteur est donc tombé.
L’URSS implose c’est l’étape ultime. Gorbatchev reçoit des opposants. Certains démocrates veulent aller plus loin. Boris Eltsine, communiste dans un organe interne du parti, réclame néanmoins la démocratie. Il en est le chef de file.
Mais, les Russes en charge de hautes responsabilités s’y accrochent (apparatchiks). Ils constituent une caste supérieure.
Les militaires hauts gradés de l’Armée Rouge s’y opposent également.
Au sein même de l’URSS, les nationalistes se réveillent avec une volonté d’indépendance des Etats fédérés vu que la Russie est un ensemble d’Etat fédérés (pays baltes).
En août 1991, un putsch communiste a lieu. Gorbatchev est renversé et placé en résidence surveillée près de la mer Noire. Eltsine, libéral proaméricain, prend la tête du putsch. Il prépare sa future élection. Le putsch échoue mais Gorbatchev n’a plus aucun pouvoir.
En 1991, l’URSS est morte. La CEI (Communauté des Etats Indépendants) la remplace. Certains états l’intègrent alors que d’autres s’en écartent (Etats baltes).
25 décembre 1991 : Gorbatchev démissionne.
B - Le triomphe des Etats-Unis ?
L’ex-URSS ne passe pas à une économie de marché sans difficultés. La démocratie s’implante peu à peu. L’Allemagne est de nouveau unie et cela coûte très cher à l’Allemagne de l’Ouest (chômage, licenciements, coût social élevé). Les industries sont peu performantes à l’Est. C’est la même chose dans les pays de l’Est.
Des fortunes s’édifient très rapidement : c’est le triomphe des mafias.
D’un autre côté, des CSP s’enfoncent dans la pauvreté (ouvriers et retraités).
Les courants migratoires s’intensifient (Est=>Ouest). Le libéralisme est discrédité car il se montre incapable de maîtriser la criminalité et de relancer la croissance. La désillusion est totale. Certains communistes reviennent au pouvoir.
De cette exacerbation, les nationalistes se « déchaînent ». Ils parviennent au pouvoir de manière légale ou par la force. La guerre civile explose en ex-Yougoslavie. La Serbie s’oppose par les armes à la volonté des pays Yougoslaves de devenir indépendants. On assiste à l’épuration ethnique.
Les Etats-Unis sont désormais la seule puissance. La bipolarisation et la terreur disparaît. Le monde est multipolaire.