C’est avant tout un espace qui concentre les villes (urbanisation) et les flux (échanges). Elle fait partie de la « Banane Bleue ». C’est une hyperconcentration dans tous les domaines (démographie, économie, politique, culturel…).
C’est aussi un espace extraverti, ouvert sur l’extérieur et communicatif : ouvert sur le Nord et le Sud (cols et tunnels Suisses), vers l’Ouest dans le bassin Parisien, vers le sillon Rhodanien et enfin vers le Nord-Ouest sur la mer du Nord.
C’est donc une civilisation de la ville, villes créées par les Romains (Hollande). On observe un semis urbain et une conurbation entre les villes (polycentrisme).
Mais cet espace n’est pas un espace unifié politiquement. Il n’est pas non plus reconnu par ses habitants.
Il y a toutefois une dimension culturelle dans l’espace rhénan. Ce sont des peuples germaniques (allemands, hollandais, flamand, anglais, Luxembourg, la Flandre). Les peuples germains sont néanmoins exclus. Ces régions sont marquées par le protestantisme.
C’est donc plus une construction intellectuelle que géographique.
I - Un intense de communication intense axé sur le Rhin
A - Le Rhin, fleuve international
1 - Un fleuve frontière
Pendant longtemps, le Rhin a constitué une barrière, un obstacle. Ce fut la limite entre l’Empire romain et le monde « barbare ». Les limes sont la frontière séparant ces deux mondes.
Au Moyen-âge, la Lotharingie située sur la rive gauche utilisait le Rhin comme frontière.
Sous Louis XIV, le Rhin redevient une ligne d’affrontement qui annexe l’Alsace-Lorraine. Le Rhin marque la limite de la France.
Longtemps une mosaïque de régions au XVIIIe siècle, la Prusse comme à s’affirmer comme une grande puissance. Entre 1870-1945, le Rhin reste un lieu d’affrontement entre la France et l’Allemagne.
Aujourd’hui, la frontière suit toujours le Rhin pour la France, l’Allemagne, l’Autriche…
2 - Le Rhin devient un lien
C’est l’économie qui va créer ce trait d’union entre les villes italiennes marchandes (Venise, Gêne, la Lombardie) et la mer du Nord (Flandre).
Des travaux d’aménagement commencent après la victoire de 1918. Après la réconciliation franco-allemande, le Rhin redevient un axe structurant.
Aujourd’hui, c’est un espace de plus de 50 millions d’habitants avec des régions dynamiques (économie). Il met en relation des régions dynamiques (bassin Londonien et Parisien, Italie du Nord, Suisse, vallée du Rhône).
3 - Un espace segmenté
C’est cependant, un espace relativement segmenté car il appartient à des pays différents et donc à des législations différentes.
4 - Une voie de circulation de premier plan
Le Rhin est un fleuve artificialisé, redessiné, maîtrisé, canalisé. C’est une autoroute fluviale d’autant plus qu’elle est emprunté par des convois immenses de bateaux (plusieurs milliers de tonnes).
Il permet aussi de créer de l’énergie hydroélectrique. Les confluents détiennent une place stratégique (Rhin-Main, Rhin-Neckar, Rhin-Moselle).
Pays-Bas : 5000 km de voies globales.
En France, il y a une impasse fluviale car aucun canal Rhin-Rhône.
La gestion de la navigation du Rhin est internationale et est gérée par la Convention Centrale à Strasbourg. Sa mission est de développer la navigation sur le Rhin.
B - Aménagements et puissance logistique
1 - Une forte présence de ports
Le trafic est supérieur à 3 millions de tonnes.
Duisbourg est le 1er port fluvial au monde avec plus de 50 millions de tonnes de trafic et 2000 bateaux par an.
Karlsruhe, Cologne, Ludwigshafen sont de grands ports allemands.
Strasbourg, Mulhouse et Colmar sont de grands ports français.
Bâle est un grand port Suisse car c’est un point de rupture de charge.
Voie fluviale : les transports sur le Rhin se font par convois à l’aide de barges (péniche à fond plat). Ce trafic est en hausse (supérieur à 150 millions de tonnes).
On transporte des minerais, des graviers, des pondéreux, des produits pétroliers.
4,5 barges correspondent à 1000 poids lourds.
La conteneurisation fait son apparition (10% du trafic) doucement car les ports doivent s’adapter.
On charge directement les camions sur les bateaux (Roll-off, Roll-on) et on évite la rupture de charges ;
Voie routière : le trafic est congestionné avec plus de 25 000 camions par jour sur les voies les plus fréquentées. Face à cela, on essaie de construire des autoroutes ou en limitant ce trafic par des taxes ;
Voie ferroviaire : le train peut encore se développer via le ferroutage en Suisse et la mise en chantiers de nouveaux tunnels dans les Alpes (Saint Gothard) ;
Voie aérienne : ce trafic a tendance à s’accroître en particulier en ce qui concerne le fret. Les principaux aéroports sont : Francfort (3e rang), Amsterdam (4e rang). Francfort est le siège stratégique de la Lufthansa. Un grand système de transport de colis est mis en place (Fedex, DHL) ;
Les cœurs sont des nœuds logistiques qui concentrent les activités et les flux. L’extension remarquable vers le Sud avec les percées alpines ont pris une grande importance.
C - Une puissante façade maritime
La mer du Nord est la plus fréquentée du monde. L’hinterland d’Amsterdam est plus étendu que celui de l’Europe rhénane. Rotterdam est une porte de l’Europe.
Range nord-européen : chapelet de ports du Havre à Hambourg.
Les ports hollandais sont les plus importants :
1er port du monde : Rotterdam à quasi-égalité avec Singapour. Ce trafic se stabilise en volume mais augmente en valeur. 380 millions de consommateurs européens sont dans l’hinterland : c’est le rôle du hub.
L’ensemble est industrialo portuaire avec la littoralisation : 40 à 50 km ;
2e port de cet ensemble : Anvers en Belgique situé dans le delta du Rhin. 2,5 fois moins de trafic que Rotterdam. Ce port est spécialisé dans la chimie ;
3e port : Amsterdam génère 5 fois moins de trafic que Rotterdam. Ce trafic représente 20% du trafic mondial de cacao ;
4e port : Zeebrugge en Belgique est le seul port en haut profonde pour le pays. C’est le 1er en Roll-on Roll-off ;
II -Une région économique puissante et très urbanisée
A - Le vœu économique de l’Europe
1 - Une grande région industrielle
C’est un bassin industriel avec des gisements de charbons et de fer d’où l’essor, au cours de la Révolution Industrielle des industries traditionnelles (sidérurgie, métallurgie).
Les premières voies ferrées apparaissent.
Les chefs d’entreprises sont dynamiques. L’idéologie marxiste est née dans cette région.
Aujourd’hui, tout cela appartient au passé. Ces entreprises ont subi la crise, la conversion et la reconversion plus difficile. La Ruhr a plutôt bien réussi son renouveau en restructurant son industrie et en délocalisant vers l’Allemagne de l’Est puis vers l’Asie du Sud-est.
Le modèle social allemand, élaboré dès Bismarck, consistait en un haut niveau de rémunération, de protection sociale et la cogestion de l’entreprise (patrons et syndicats). Il a actuellement du plomb dans l’aile et est remis en cause, voire disparaît.
Les PME disparaissent au profit de concentrations d’entreprises : conglomérat (konzerns) avec notamment :
Thyssen-Krupp dans la sidérurgie ;
BASF et Bayer dans la chimie ;
DaimlerChrysler dans l’automobile ;
Siemens dans la construction mécanique ;
Philips dans l’électrotechnique ;
Royal Deutsch Shell dans le pétrole ;
Ilevert : chimie ;
Hoffman-Laroche, Novartis dans la pharmacie ;
Nestlé dans l’agroalimentaire ;
Bosch dans l’électrotechnique ;
Les IDE se concentrent dans cette région (américain, japon) qui offre une palette large de services attractifs (transports, sidérurgie) :
Zone industrialo-portuaire de Rotterdam spécialisé dans le pétrole (raffinage, pétrochimie) et dans l’agroalimentaire ;
La Ruhr : restes d’extraction de charbon, phénomène de friches industrielles.
L’industrie s’est donc reconvertie (constructions mécaniques, chimie, industries agroalimentaires, pharmacie) ;
Neckar : court supérieur du Rhin, cette région est formée d’un chapelet de villes moyennes industrielles : chimie, automobile, électrotechnique ; ce qui engendre la floraison de parcs technologiques fort de leur Recherche et Développement (biotechnologie, informatique, énergies renouvelables) ;
2 - Des activités tertiaires de premier plan
Tous les outils pour le capitalisme sont présents car c’est le berceau de cette doctrine d’où la naissance de banques et d’assurances (Francfort), de places boursières (Francfort, Zurich, Amsterdam, Bruxelles) et la présence de paradis fiscaux (Luxembourg, Liechtenstein, Suisse). Le poids économique est considérable.
B - Le cœur urbain de l’Europe
1 - Un espace à haute densité d’occupation du sol
Sur 750 km de long et 100 km de large, on rencontre 500 habitants par km² (jamais moins de 100 sauf dans certaines régions montagneuses).
On peut atteindre plus de 1000 habitants par km², à Düsseldorf par exemple, d’où une extension verticale.
On observe un peuplement de chapelet autour du Rhin (vallée rhénane très peuplée). Ces villes sont aérées d’espaces verts (canaux, parcs).
2 - Un espace urbanisée et multipolaire
C’est une caractéristique de cette région : les villes moyennes forment un semis. On compte 60 000 villes de plus de 100 000 habitants dont 25 de plus de 500 000 habitants.
Cela s’explique par une tradition très ancienne :
1ère couche à l’époque romaine (Cologne, Mayence, Bâle, Utrecht) ;
2e couche au Moyen-âge avec le développement du commerce entre le Nord et le Sud dans les régions de la Hanse (Bruges, Anvers, Amsterdam, Francfort).
Les capitales politiques et les villes princières jouent un rôle important : la Haye (à cause de la Révolution Industrielle), Zurich, Düsseldorf, Bruxelles.