Chapitre 3 - La superpuissance des Etats-Unis d'Amerique
Plan de l'article
Les Etats-Unis sont incontestablement une superpuissance c'est-à-dire une influence dominatrice qui s’exerce dans tous les domaines et dans toutes les parties du monde.
Cette puissance est fondée sur un territoire. Elle a des conséquences spatiales non seulement à l’échelle nationale mais aussi mondiale. Cependant, elle est parfois contestée.
On étudiera plus spécifiquement les conséquences de ce phénomène avec l’exemple de la façade atlantique Nord.
Plus qu’un pays, c’est un continent : 9,6 millions de km² pour 300 millions d’habitants environ.
50% est constitué de terres arables (cultivables). 0,8 ha de terres cultivables sont disponibles par habitant contre 0,25 ha en Europe et 0,05 ha au Japon. Il n’y a pas de conflits territoriaux de l’espace.
A l’Ouest des Rocheuses, on conserve des espaces protégés.
Le relief est orienté Nord-Sud et l’on distingue 3 grands ensembles :
Les Appalaches à l’Est, d’altitude moyenne, retombent sur la façade Atlantique ;
Les Grandes Plaines qui s’organisent autour du Mississipi avec les Grands Lacs formant un ensemble fluvial lacustre ;
A l’Ouest, un vaste ensemble qui allie plateaux et vallées avec en particulier le canyon du Colorado. Des chaînes côtières à l’Est (Sierra Nevada) et la chaîne des cascades sont soumises à des activités sismiques (volcanisme et séismes) ;
Cet espace regroupe une large gamme climatique avec des excès (coulées froides polaires et des poussées d’air chaud).
Les chaînes côtières limitent l’humidité créant ainsi des zones désertiques.
Des courants sous-marins (chaud et froid) dont le Gulf Stream sont responsables des cyclones (Ouest : sec / Est : humide).
Les cultures sont variées à cause de la diversité des climats.
B - Un espace approprié
La guerre et l’achat permettent de conquérir le territoire.
Les migrants, très nombreux à l’époque, peuplent l’immense territoire dans le but de le maintenir. C’est donc une population essentiellement immigrante. Mais, ce sont les amérindiens qui la peuplaient en premier ainsi que les espagnols et les noirs déportés (guerre de Sécession sur l’esclavage). La vague d’immigration est donc principalement européenne.
Le Mayflower est le premier navire à avoir fuit vers les Etats-Unis pour la Thanksgiving. Les USA sont alors la première terre d’immigration.
Selon les périodes, les pays d’émigration changent :
1ère vague au XIXe siècle : européens fuyant les persécutions (juifs) et irlandais fuyant la famine, puis des russes et des polonais… ;
2e vague : venus du Sud de l’Europe (des grecs et des italiens) ;
3e vague : quelques asiatiques ;
Après la Grande Guerre, des quotas sont mis en place dans le but de fermer les frontières.
De même que la crise des années 30 ne favorisent pas l’immigration.
Après la Seconde Guerre mondiale, les immigrants sont essentiellement d’origine latine (Mexique et Amérique du Sud). Un grand nombre de migrant est clandestin (4 à 10 millions).
L’immigration change alors de nature. On les sélectionne désormais en favorisant le « brain drain » qui consiste à accueillir les candidats d’origine européenne et qualifiés.
Les immigrants ont permis la conquête de l’Ouest : 13 colonies sont formées et le 4 juillet 1776 est signé l’indépendance des Etats-Unis, jour de la fête nationale.
Le territoire se construit de manière progressive d’Est en Ouest avec un système fédéral qui confère à chaque Etat des pouvoirs propres.
Aujourd’hui, on compte 50 Etats. La dernière grande crise est la guerre de Sécession qui a failli rompre l’union des Etats fédérés.
La « frontier » est selon eux la limite entre la civilisation et le « wilderness » (état sauvage).
Après la côte Ouest, on s’attaque à l’implantation dans le Pacifique (Philippines).
D’où la question, après la Terre, l’espace ?
On développe l’esprit « pionnier » qui renforce l’individualisme (Pony Express, chemin de fer).
On créé des « townships » (parcelle d’exploitation urbaine).
C - La victoire sur la distance
Les USA constituent le pays de la mobilité avec son gigantesque réseau de transport à toutes les échelles :
Des autoroutes à l’échelle urbaine ;
Des autoroutes à l’échelle continentale ;
C’est le pays où l’on prend le plus l’avion. Le rail est un accessoire.
C’est un réseau mondialisé mais aussi immatériel (câble, satellite).
Cependant, toutes les parties du territoire ne sont pas « irriguées ».
« Manufacturing belt » au Nord-est : c’est la mégalopole.
« Old South » : c’est le Vieux Sud.
Entre les deux, il existe une sorte ventre mou.
Les lignes aériennes relient ces différentes régions entre elles.
Les moyens de transport sont en concurrence :
La route est la plus utilisée parce qu’elle est à l’origine des États-Unis. 80 % du trafic passager pour 30 % du trafic de marchandises, 6 millions de kilomètres de routes, 85 000 km d’autoroutes ;
40 % du trafic aérien mondial est réalisé par les USA et les ¾ sont des lignes intérieures. La concurrence a fait chuter les prix. Six des 10 plus grands aéroports sont américains. Les hubs redistribuent le trafic (Chicago) ;
Le rail est en déclin, les conditions sont mauvaises (vétusté) ;
Les voies d’eau sont essentielles à la maîtrise du territoire :
Le Saint-Laurent ;
Le Mississippi ;
Ces deux fleuves sont utiles au transport de marchandises et des minéraux.
Les Grands Lacs sont en relation avec le Saint-Laurent et le Mississippi d’où une interconnexion entre les canaux. Les volumes transportés sont croissants et ce sur de longues distances dans des régions où les conditions sont difficiles (Alaska).
Les États-Unis disposent de trois façades maritimes :
L’océan Atlantique : première façade mais en recul ;
L’océan Pacifique : en progrès ;
Le golfe du Mexique : nombreux sites d’extraction pétrolier ;
Les télécoms permettent des échanges immatériels. 35 % du trafic téléphonique mondial s’effectue aux États-Unis. Le coût des appels est en baisse avec la concurrence. Les satellites sont pour la plupart américains. Internet est le réseau le plus dense et le plus utilisé. L’informatique détient donc une place prépondérante dans l’économie américaine.
D - Les ressources du territoire
1 - L’abondance apparente
Les sols utilisables pour l’agriculture sont nombreux.
L’eau est disponible grâce au Mississippi.
Dans l’Ouest, les minerais sont abondants de même que les hydrocarbures (gaz, pétrole) de ce qui a permis la Révolution Industrielle.
Cependant, cette abondance ne suffit plus face à la consommation démesurée. Ils ont essayé de subvenir à leurs besoins mais sont devenus dépendants de l’extérieur (énergie). Ils consomment ¼ de l’énergie de la planète.
Cette production est confiée au secteur privé d’où une non préservation des ressources et des coupures à répétition.
De vastes étendues agricoles sont stériles et l’eau est pompée en trop grande quantité. Les forêts sont surexploitées (disparition des parcs naturels).
Le charbon détient une place importante. C’est le deuxième producteur et exportateur mondial de charbon. Les USA détiennent 30 % des réserves mondiales. Il sert à produire l’électricité (bassins de production dans les Appalaches et dans le Middle West).mais, ces derniers sont en voie d’épuisement.
L’essentiel provient désormais du Wyoming avec une production énorme.
Les USA sont toujours le deuxième producteur mondial d’hydrocarbures mais la production est en baisse et se concentre dans le sud mais aussi en Alaska (hydroélectricité).
20 % de l’énergie est nucléaire ; ce sont les premières en quantité.
Le territoire américain dispos de fortes quantités de minerai (fer, cuivre, uranium, charbon) là aussi ils sont dépendants de l’importation.
II - Un espace occupé
C’est un élément de puissance.
A - Les dynamismes de la population
1 - Données démographiques et distribution spatiale
Les USA comptent 300 millions d’habitants. C’est une évolution démographique classique d’un pays développé avec un taux de natalité et de mortalité faible. L’accroissement naturel s’élève à 6 ‰. La natalité est forte chez les hispaniques.
Les flux migratoires constituent un apport supplémentaire. L’Ouest est plus peuplé que l’Est avec la limite au 100e méridien.
La périphérie est densément peuplée et le centre se retrouve vite.
Les principaux foyers de population sont le nord-est et le sud-ouest car les conditions naturelles y sont favorables. C’est une occupation de type urbaine. C’est aussi un phénomène historique car le pays fut d’abord peuplé à l’Est.
2 - Les dynamiques de l’Ouest et du Sud, essor démographique
Le centre de gravité des USA se déplace à l’ouest. La Sun Belt accapare la croissance démographique (Floride, Californie, Texas). Cela représente 50 % de la croissance totale.
Cependant, une redistribution récente s’opère au profit d’autres états de la Sun Belt (Nevada, Las Vegas, Arizona). Ce sont des régions proches de la Californie. Il y a donc un déversement de populations vers l’Est. Il fuit la pollution et l’insécurité.
3 - La mobilité spatiale de la population
Forts de leur héritage de l’esprit pionnier, les Américains déménagent beaucoup plus que les Français. Ce sont les inventeurs du mobile homme.
Les flux furent tout d’abord Sud-Nord puis Nord-Sud et aujourd’hui Est-Ouest.
Les perspectives d’emploi attirent (services, technologies de pointe). L’héliotropisme est également un choix de déménagement.
La population est très variée :
Salariés qualifiés (Californie, Texas) ;
Retraités (Floride, Arizona : Sun City) ;
Asiatiques et hispaniques renforcent le poids démographique de la Sun Belt ;
B - Une société cloisonnée
1 - « Melting Pot » ou « Salad Bowl » ?
Le melting-pot est un mythe plus qu’une réalité. On a voulu créer une population américaine unifiée. Avec les premières vagues d’immigration européenne, cela a fonctionné (WASP) mais aujourd’hui cela échoue avec les vagues du Sud (Italiens, se lave…). Les afro américains sont mal intégrés.
L’image est plutôt celle d’un mélange où les ingrédients sont juxtaposés. On parle de multiculturalisme ou de communautarisme.
La religion détient une place forte avec des courants minoritaires forts (200 religions). Ces communautés se traduisent pas l’existence de réseaux de solidarité (endogamie : mariage intra-communautaire). Il y a une spécialisation par quartiers ou par régions (Chinatown, Little Italy).
Les lobbies sont très puissants. Les élus défendent les intérêts d’une communauté.
2 - Les minorités
1ère minorité : les hispaniques ou latinos
Ils représentent 13 % de la population et sont en constante progression. Cela est dû à l’immigration et au taux de fécondité élevé.ils se concentrent dans le sud et le Sud-est.
2e minorité : les afro-américains
Ce sont les descendants des esclaves déportés d’Afrique. Ils sont installés dans le Vieux Sud mais aussi dans le Nord (fuite du blues).
« Reverse migration » : les inégalités prospèrent et la ségrégation vis-à-vis des afro-américains est forte. Dans les années 60, ils obtiennent l’égalité de droits mais pas l’égalité sociale en termes de richesse d’emplois et de logements. En termes de chiffre, ils représentent 50 % des victimes d’homicides, 50 % de la population carcérale et 35 % des cas du sida. Il y a donc une radicalisation de la lutte pour l’égalité.
3e minorité : les Asiatiques
Ils sont moins nombreux mais leur nombre s’accroît (chinois, vietnamien). Ils sont essentiellement localisés à l’ouest. Ils font preuve d’une plus grande capacité à s’adapter et à s’intégrer. Des émeutes ont lieues envers ses minorités (1995 : Los Angeles, les afro-américains défient les Asiatiques). Ce sont des querelles de jalousie.
4e minorité : les amérindiens
Leur population se renouvelle. Pendant longtemps rejetés, ils sont maintenant admis (Costner dans Danse avec les loups).la fécondité est relativement élevée. Autrefois ravagés par les guerres indiennes (déportés et parqués dans les réserves), le chômage et l’alcool, ils ont désormais le droit de diriger les casinos ; leurs droits sociaux se sont donc améliorés (cause : ressources naturelles sur leur réserve).
C - Les villes américaines
1 - Une population urbanisée
Un citadin est une personne qui vit dans une agglomération de plus de 2500 habitants.
On compte pas moins d’une vingtaine d’agglomérations polycentriques (Standard Consolidated Statistical Area). Elles concentrent à elle seules 80 % de la population. La première est la mégalopole Atlantique (Boston – New York – Washington). Elle compte 50 millions d’habitants.
2 - Les mutations urbaines
Des autoroutes sont au cœur de la ville. Des axes routiers, aéroports en périphérie et des centres commerciaux autour de carrefours, telle est la typologie d’une ville américaine.
Les villes de l’Ouest et du Sud ont le plus crût alors que les villes du Nord-est ont reculé. Cela est dû à un plus grand dynamisme du Sud et un dynamisme économique inégal. Cette croissance démographique profite surtout aux villes moyennes.
Les centres-villes perdent de leur importance au profit des quartiers périphériques et de banlieues éloignées (zones résidentielles).
En effet, on constate un phénomène de suburbanisation : cela correspond au transfert d’activités et de population au-delà de la zone urbanisée.
La suburbanisation : banlieues dont les zones sont résidentielles et s’étendent sur des dizaines de kilomètres. Ce sont les classes moyennes où aisées qui peuplent ces zones. On note la présence de quelques représentants bourgeois afro-américains. On y recherche un cadre de vie enchanteur, l’accès à propriété individuelle. On fuit aussi la pollution, la criminalité des centres-villes. L’existence d’axes routiers permet de relier très facilement le centre à la périphérie (migrations pendulaires, ce sont les « commuters »).
Au centre des villes, les minorités pauvres se concentrent. Entre 1970 et 1990, à Détroit, les ¾ des blancs ont quitté la ville. Aujourd’hui, c’est une ville afro-américaine à 70 %. La ville est pauvre vu que des pauvres l’habitent ce qui accroît son image dégradante.
La ville américaine est de plus en plus fragmentée en différents espaces qui s’ignorent. La mixité sociale n’existe pas. Les quartiers minoritaires forment des ghettos présents dans les centres-villes et les banlieues.
Les entreprises ont-elles aussi tendance à s’expatrier vers la banlieue :
1980 : 57 % des bureaux sont dans les centres (CBD) ;
1990 : 1/3, le reste se situe en périphérie ;
Les centres sont à la périphérie ce que les périphéries sont aux centres (hormis les hypercentres).
Des grandes opérations de réhabilitation ont lieu dans les quartiers délabrés (la plus célèbre : Loop à Chicago). Des mesures d’incitations fiscales sont mises en place pour garder les entreprises dans les centres. Les friches industrielles sont transformées en centres culturels et commerciaux.
Ainsi, on observe un retour des classes aisées dans ces quartiers (gentryfication).
III - L'organisation régionale
A - Le Nord-est, un centre d’envergure mondial
1 - Le cœur de l’Amérique (« Heartland of America »)
Le nord-est est en déclin :
Industriels (automobile, sidérurgie) : apparition de friches industrielles ;
Démographique ;
Forte criminalité ;
Image du pays noir.
Mais, ses atouts restent nombreux :
Le poids démographique (100 millions d’habitants, 1/3 de la population américaine) dans les grandes villes et les Grands Lacs ;
La prééminence culturelle, intellectuelle (grandes universités : Harvard, Yale) ;
Des villes comme Boston cultivent cette image culturelle : c’est la plus européenne des villes.
New York est élitiste (art moderne, Woody Allen) avec Broadway, les chaînes de télévision.
La fonction décisionnelle, les centres de commandement, 90 sièges d’entreprises parmi les 500 entreprises du monde sont implantés dans le Nord-est avec les CBD.
C’est également un centre productif : 40 % du PNB est produit par le nord-est, 42 % de la production industrielle, 40 % de service, 20 % à la production agricole. C’est un carrefour de communications. C’est le centre du monde : premier centre décisionnel de la planète, concentration des pouvoirs politiques et des firmes transnationales (Maison-Blanche, Pentagone, Congrès, organisations internationales, Wall Street).
La bourse de Chicago fixe le prix des matières premières selon les lois du marché.
Cette région a donc subi une crise puis une reconversion dans les années 80 via un transfert des activités. Des conséquences sociales très dures en ont découlé (chômage, misère…).
La crise urbaine des quartiers centraux est surmontée par de grandes opérations de réhabilitation urbaine.
La mégalopole a tendance à glisser vers le sud (Atlanta – Vieux Sud) et l’Ouest (Minneapolis).
B - Les contrastes de la Sun Belt
C’est une terre d’opportunités (« Land of opportunities »), très attractives, accompagnée d’une forte croissance économique et démographique. Fortes de ses ressources naturelles et de son potentiel touristique, elle retrouve un certain dynamisme depuis les années 60 avec des industries dans le high-tech. Elle développe néanmoins des activités de pays « ateliers » (« sweat shop » dans les barrios latinos). La ségrégation socio-spatiale entre les communautés est forte car la mixité sociale n’existe pas. La population est concentrée dans les villes. La Puget polis est le début de la mégalopole (Seattle, Portland) et la mégalopole californienne s’étend de Los Angeles à San Diego.
La Californie est sensible à la conjoncture (économique essentiellement). Elle possède des universités de renom (Stanford). Une grande partie des capitaux viennent de l’extérieur. Elle compte très peu de sièges sociaux, ce sont des capitaux asiatiques.
On assiste à un renouveau des Suds :
Sud-ouest :
Climat désertique ;
Habitats en forme d’oasis ;
Activités concentrés dans des grandes villes (Phoenix, Santa Fé) ;
Agriculture irriguée et hivernale ;
Retraités ;
Fort taux de croissance démographique ;
Du Texas à la Floride :
Façade maritime ;
Activités pétrolières au large des côtes (raffinage) ;
Corpus Christie à la New Orlean ;
Dallas obtient un bilan mitigé ;
Houston est le nouveau centre du Texas (NASA + aérospatiale) ;
Voyage vers l’Est avec la Floride : porte des Caraïbes ;
Liens privilégiés avec Cuba ;
Place privilégiée des investissements d’Amérique Latine ;
Climat doux : agriculture spécialisée ;
Nombreux ouragans, cyclones ;
Base de lancement : Cap Canaveral ;
Parcs de loisirs ;
Forte présence de retraités ;
Revanche du Vieux Sud ;
Ségrégation jusque dans les années 60 ;
Plein renouveau à l’Est du Mississipi ;
Délocalisation dans la Manufacturing Belt, main d’œuvre bon marché, plus d’espace, proche de New-York ;
Un passé esclavagiste pour un présent ségrégationniste (Apartheid en Afrique du Sud) jusqu’à Kennedy. Cela dégage donc une image raciste, conservatrice.
Aujourd’hui, elle apparaît comme une région en plein renouveau :
Elle bénéficie des délocalisations de la Manufacturing Belt avec des coûts salariaux moindres ;
IDE d’Asie ;
Implantation de technopôles (high-tech) : Research Triangle Park à Raleigh ;
Croissance démographique (inversion du mouvement d’émigration vers immigration) d’où la croissance urbaine (Atlanta avec Coca Cola) ;
Les villes sont aux pieds des Appalaches.
Il reste des poches de pauvreté qui touchent toutes les ethnies, en particulier de l’autre côté des Appalaches. Ce sont dans ces régions que l’on recrute les milices indépendantistes du pouvoir politique. C’est donc un tableau nuancé.
C - Les marges intérieures et extérieures
1 - Les Appalaches, de la crise au renouveau
L’agriculture, l’industrie (extraction charbonnière) étaient en crise, en déclin depuis les années 30 (beaucoup aidées lors du New Deal).
Un second grand plan d’aide sous Johnson permet de désenclaver la région avec la construction de routes et d’autoroutes. La région est donc en excédent démographique (il faut y ajouter les promenades du dimanche).
2 - Les Grandes Plaines
Elles font figure de « grenier » des USA avec le Mississipi. Il y a des nuances climatiques : sec vers le Nord et l’Est. Ce sont des terres propices à l’agriculture d’où la faible densité. Elles représentent 50% de la production de maïs (corn), 2/3 du blé (Wheat) et sont spécialisées dans l’élevage bovin. Ces régions se composent de peu de grandes villes. La plupart longent les fleuves (Minneapolis, St Louis, Kansas City). Elles centralisent la production agricole, la transforme et la redistribue par voies fluviales (New Orlean). L’agriculture est rationnalisée, capitalistique, extensive et productiviste.
Le tourisme se développe dans les parcs naturels (Yosemite, Yellowstone) et les stations de sports d’hiver (Aspen). Des bases militaires font des manœuvres et des expérimentations.
Les Rocheuses forment un complexe avec Denver et Salt Lake City bien connectées par avion. On y développe des activités de high-tech. Ce sont des ilots de peuplement.
Archipel des îles Hawaï forme le 50e Etat des USA en 1959. Aujourd’hui, le tourisme s’y est développé (lune de miel).
L’Alaska équivaut à trois fois la France. Elle fut achetée par les américains aux russes (grossière erreur de la part des russes). Elle eut un rôle stratégique dans la Guerre Froide. Elle séparée par le détroit de Béring.
En 1968, des puits de pétrole sont découverts.
On passe de 300 000 habitants dans les années 60 à 600 000 dans aujourd’hui. Les Inuits se sont acculturés au modèle américain.
IV - Les Etats-Unis, une superpuissance ?
C’est un Etat dont la puissance s’exprime dans tous les domaines. Elles possèdent l’arme nucléaire, en général, et parviennent à entraîner un bloc derrière elles. Elles sont les chefs d’un camp et servent de modèles.
Seule depuis l’effondrement de l’URSS, les Etats-Unis sont désormais la seule superpuissance. Elle est militaire, politique, économique, financière, démographique et culturelle.
A - Les attributs de la superpuissance et leurs manifestations spatiales dans le monde
Les Etats-Unis voient le monde en termes de danger. Leur système est basé sur le contrôle de 3 espaces :
Le territoire américain doit « être réservé aux étatsuniens » d’après la doctrine Monroe ;
L’Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale via l’OTAN ;
L’Asie orientale depuis la guerre contre le Japon et la guerre de Corée (1953) ;
C’est donc un héritage de la « Guerre Froide ». Les USA disposent de point d’appui planétaire (bases terrestres et maritimes). Leur stratégie se conçoit donc en réseau (échelon). Elle est aujourd’hui critiquée.
L’OTAN se définissait comme un adversaire de l’URSS. Aujourd’hui, elle tend à s’étendre aux anciens pays du bloc soviétique. Le principal ennemi est désormais le terrorisme islamiste (Proche et Moyen-Orient) avec des objectifs sur le pétrole (Golfe Persique, Afghanistan). L’OTAN dispose d’un armement très puissant.
C’est un moteur de l’économie mondiale pour l’Asie orientale, l’Union Européenne, l’ALENA, la Chine… d’où un solde déficitaire pour les USA à cause des délocalisations. Ces mêmes régions reçoivent des IDE sauf l’Union Européenne. Les américains investissent plus à l’étranger que les étrangers chez eux.
C’est une puissance culturelle également. Cette influence se base en grande partie sur la langue, devenue celle du commerce et de la communication scientifique. Les vecteurs de cette diffusion sont les médias. On diffuse des modes de vie (comportements alimentaires…).
Les USA constituent donc une puissance attractive au rayonnement sans égal. Ils attirent les cerveaux (« brain drain », « american dream »). On ne compte pas moins d’un million d’immigrants par an aux USA.
Cependant, cette puissance s’exerce également dans le monde et connaît un certain nombre de remise en cause (lutte contre l’hégémonie américaine).
B - Les limites de la puissance étatsunienne
1 - Faiblesse économique
On observe un déficit de la balance commerciale énorme lié à la dépense énergétique. Les américains consomment plus qu’ils ne produisent d’énergie. C’est un moyen de pression pour les fournisseurs mais ils disposent d’une palette de fournisseurs très diversifiée.
Le déficit budgétaire est aussi lié à l’armée.
Pour le financer, on emprunte aux asiatiques avec les bons du trésor.
Elle concerne des pans entiers de l’économie (métallurgie, sidérurgie).
2 - Faiblesse sociale
A cause des délocalisations, le chômage et la misère se sont répandus. Le plus gros % de pauvres dans la population (IPH) est au USA. Il y a donc des contrastes très forts entre les couches sociales et le système social est rudimentaire. Le travail se précarise (« working poor ») et le cumul d’emploi se développe. Les services publics reculent de manière généralisée car les baisses d’impôts ne permettent plus leurs financements. C’est une société à deux vitesses, les minorités étant les plus touchées.
3 - La contestation du modèle politique
La contestation est externe mais aussi interne. L’hyperpuissance des USA est le résultat de l’histoire, de la richesse du pays et d’une formidable capacité d’adaptation aux situations nouvelles.
Les USA fascinent et irritent en même temps (paradoxe américain). Ils portent à la fois un modèle de démocratie mais aussi une image dénoncée dans certaines régions du monde.