Chapitre 10 - Le Bresil, les contrastes spatiaux du developpement
Plan de l'article
Avec une superficie de 8 547 404 km², le Brésil se place au 5e rang mondial derrière la Russie, la Chine, le Canada et les États-Unis. Il s’étire du nord au sud sur une longueur maximale d’environ 4 345 km et sur une largeur maximale d’est en ouest de 4 330 km. Le littoral atlantique est la partie la plus densément peuplée, avec notamment les grandes métropoles de São Paulo et Rio de Janeiro. La capitale, Brasilia, dont la population était estimée en 2003 à 2 094 000 habitants, se trouve à plus de 1 000 km à l’intérieur des terres. Ancienne colonie portugaise, le Brésil est notamment le premier producteur mondial de café et possède d’importantes ressources minérales.
Avec une superficie d'environ 8,5 millions de km², le Brésil est le plus grand pays d'Amérique Latine. Il détient le 5e rang en termes démographiques pour une population de 190 millions d'habitants. Son immensité constitue à la fois un atout et un inconvénient.
A - Les défis et atouts d'un territoire immense
Plus de 4000 km du Nord au Sud, le Brésil prend l'envergure d'un continent, équivalent à l'Europe dans sa largeur.
Il a donc fallu maitriser le territoire d'où l'importance des transports au Brésil. L'administration doit donc se révéler efficace.
Cependant, il n'y a pas d'obstacles naturels majeurs et la disposition du réseau hydrographique était favorable à sa conquête; conquête qui s'est effectuée via l'Amazonie, le plus grand fleuve du monde. Il n'y a pas non plus de zones répulsives (déserts, etc.). Le relief est donc plutôt favorable à la maitrise du territoire brésilien.
Une telle superficie permet d'obtenir une gamme complète de climats et donc de développer des agricultures diverses:
Des céréales, de la vigne au Sud : climat tempéré ;
Du café, du riz, du sucre, des agrumes au centre : climat tropical ;
Du cacao, au Nord : climat équatorial ;
On trouve de nombreuses ressources naturelles et ce, en abondance, le long de l'Amazonie : manganèse, bois, ressources minières, etc.
L'Amazonie attire les chercheurs d'or qui constitue le nouvel eldorado, le Far-West du Brésil car demeurant en grande partie inexploité.
B - Un territoire inégalement occupé par une population métissée
C'est le pays le plus peuplé d'Amérique du Sud mais possédant une faible densité : 20 hab./km² qui n'est pas sans forts contrastes. Ainsi, le taux d'urbanisation atteint 80% avec une forte densité des plus élevés sur les côtes et long des voies de pénétration.
Brasilia est une capitale créée de toutes pièces dans le but de contrebalancer l'hégémonie de Rio de Janeiro et de Sao Paulo mais avec une réussite limitée qu'on lui connait.
On distingue 2 types de flux:
Vers les zones riches de l'intérieur ;
Vers la métropole économique du Sud ;
Le Brésil a reçu ses premières populations en provenance d'Asie mais qui n'ont pas occupé le territoire en raison de la présence de forêts profondes : c'étaient les indiens d'Amérique (milliers d'années avant J-C).
Au XVIe siècle, les Portugais ont colonisé le Brésil toujours dans le but de trouver la voie de passage vers l'Asie.
En 1822, le Brésil finit par devenir indépendant après trois siècles de domination portugaise, le Brésil ayant profité du commerce triangulaire.
Pourcentage d''ethnies au Brésil:
50 % de blancs ;
40 % de métis ;
6 % de noirs ;
1 % de jaunes ou d'amérindiens ;
Cette population continue d'augmenter mais le taux d'accroissement naturel baisse (1,3 % se qui la place à la fin de la transition démographique).
II - Une puissance émergente
Le Brésil est la 10e puissance mondiale.
A - Une puissance agricole, minière et industrielle
Sur les côtes, l'agriculture est l'héritière de celle des plantations. Elle est modernisée, avec de grandes parcelles, productiviste et destinée à l'exportation. On y produit essentiellement du sucre, du café, du rhum, des agrumes et du soja.
A l'intérieur du pays, on trouve de l'élevage intensif avec des « fazendas » (ranch). Le chômage se développe ne raison de la mécanisation d'où l'essor des favelas. £Le minerai est disponible en grande quantité et est donc destiné à l'exportation; le Brésil disposant de la plus grande mine de fer du monde. L'industrie est particulièrement développée avec une industrialisation datant d'avant la Seconde Guerre mondiale.
Les premiers investisseurs étaient les grands propriétaires terriens et ce, dès les années 30, qui transformèrent leurs territoires en zones industrielles.
Dans un second temps, l'État développa l'industrie lourde.
Dans un troisième temps, les IDE ont permis de mettre l'accent sur l'automobile.
B - Une puissance ouverte sur le monde
De par son histoire, elle demeure ouverte.
Ainsi, en 2003, sa balance commerciale était positive (cas particulier pour un pays du Sud) à égalité avec l'Union Européenne et les USA.
Le Brésil détient également un poids très fort dans le MERCOSUR et se développe indépendamment de l'ALENA lequel demande son intégration.
En octobre 2002, l'élection de Lula, figure emblématique de l'anticolonialisme et défenseur des paysans sans terres (Cancun).
Il s'est fait le leader de la distribution de génériques des médicaments de lutte contre le SIDA faisant fléchir les labos pharmaceutiques du Nord. C'est donc une ouverture double.
C - Les défis à relever
Les classes sociales se réfugient dans les extrêmes avec peu de riches et beaucoup de pauvres. Les classes moyennes n'existent quasiment pas même si elles tendent à se développer. La société brésilienne est des plus inégalitaire au monde.
Au centre-ville, on trouve des quartiers riches voire des CBD et des banlieues résidentielles. Puis, on avance vers des quartiers aux immeubles dégradés (cortiços) et enfin on tombe dans les « favelas » brésiliennes c'est à dire les bidonvilles, localisés dans des zones dangereuses et illégales. La criminalité côtoie en permanence ces quartiers extrêmement pauvres.
L'inégale répartition des terres est également un problème majeur :
Grande majorité de petits paysans (agriculture vivrière) ;
Peu de riches parcellaires ;
Paysans terres qui sont contraints de louer leur force de travail ;
Des rivalités ont eu lieu entre les grands propriétaires qui gardaient leurs terres en friches et les « sans terres » qui les revendiquaient pour gagner leurs vies. Malgré l'élection de Lula, ayant appartenu au milieu syndical, de nombreux défis restent à relever.
III - Le Brésil, terres de contrastes
On note de nombreuses disparités entre les régions.
« Une Suisse, un Pakistan et un Far-West » Hervé Théry
A - Le centre : le Sudeste
C'est la région la plus riche du Brésil.
Le coeur, triangle axé sur la mégalopole, qui concentre le plus d'industries et les activités de tertiaires de haut niveau regroupe les villes de Sao Paulo (capitale économique) et Rio (capitale culturelle).
C'est aussi un véritable centre d'impulsion lui permettant de s'intégrer dans la mondialisation.
C'est là aussi que l'on trouve les plus forts contrastes socio-économiques.
B - Les périphéries brésiliennes
On distingue une première périphérie en développement. L'agriculture s'est modernisée et se situe à proximité des régions du centre. Mais, les densités de populations sont plus hétérogènes. Brasilia au Nord et Curitiba au Sud en sont les villes majeures.
La seconde périphérie: le Nord.
Elle présente un handicap climatique avec une sècheresse persistante et un quasi-désert (le Sertao).
Les politiques de maitrise de l'eau ont toute échoué. La zone a connu un très fort exode rural vers le Sud et l'Ouest qui viennent « fournir » les favelas.
C - Les régions pionnières
Elles sont parcourues par des fronts d'exploitation et de colonisation. Il dispose d'une énorme réserve d'espace. Il s'agit de préserver ces ressources. La conquête s'effectue le long des axes de communication (« transamazonien »: autoroute).
On y exploite la forêt pour son bois précieux (à l'origine le « bois de braise » signifie Brésil), les ressources minérales qui y sont disponibles en fortes quantités (or + mercure polluant les eaux).
La Guyane Française connait également quelques ennuis.
On note des risques environnementaux:
Destruction de la biodiversité ;
Déforestation ;
Les peuples indigènes ont longtemps été exploités et acculturé sur le modèle occidental. Le nomadisme forestier n'est plus possible.