La mondialisation est un phénomène croissant d’internationalisation des échanges économiques, financiers, politiques et culturels. Elle se traduit par d’importants flux de personnes, de marchandises, de capitaux et d’informations. Elle a pour résultat un système-monde très hiérarchisé, qui repose sur des logiques d’intégration de certains espaces et de marginalisation pour d’autres, provoquant à différentes échelles des fragmentations à la fois territoriales et sociales. L’économie de chaque pays est de plus en plus dépendante de celle de ses partenaires. Différents acteurs aux intérêts parfois divergeant prennent par à ce processus complexe.
Comment se manifeste la mondialisation ?
Quels en sont les acteurs, les lieux de la mondialisation ?
I - Les flux et les réseaux : fruits de la mondialisation
Elle débute au Moyen-âge mais s’accélère après la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, elle concerne non seulement le commerce mais aussi la culture, la politique… Elle est possible grâce à des révolutions technologiques (Internet, satellite…).
A - Les flux de marchandises et de capitaux
Explosion des échanges internationaux depuis la fin des années 90 en particulier (implosion de l’URSS, ouverture de la Chine).
On estime que 1/3 de ce qui est produit dans le monde est destiné à être échangé.
Les matières premières augmentent mais la part par rapport aux autres produits diminue.
Les produits manufacturés et les services augmentent en quantité et en %.
Cette explosion est due :
Aux FMN (Firmes Multinationales) qui adoptent des stratégies mondiales ;
A la libéralisation du libre-échange régulé en partie par l’OMC ;
L’évolution technique des transports via l’augmentation de la capacité des navires et leur spécialisation (gaziers, minéraliers, chimiquier, pétroliers…) ;
Au développement de la conteneurisation ;
Les principaux ports sont :
Rotterdam et Gioia Tango (Italie) ;
Hong-Kong et Singapour ;
Ils ont développés la multimodalité qui consiste à pouvoir changer facilement via les conteneurs de moyens de transports (fret, camion…). Les voies maritimes sont privilégiées et surveillées. Elles constituent les principales façons de transfert de marchandises.
Les pays industrialisés concentrent la plupart des échanges ; c’est la Triade (Union Européenne, Etats-Unis + Canada et le Japon). 90% des échanges se font au sein de ces 3 géants. Les ¾ des échanges sont intrazones. Pour les échanges hors-zone, chaque continent possède son continent de prédilection (USA vers Amérique Latine, UE avec Europe et Afrique, Japon avec Asie).
IDE : Investissement Directs à l’Etranger créés des flux de capitaux. Une entreprise peut s’implanter à l’étranger en créant des filiales : principe même des transnationales.
On recherche la main d’œuvre meilleure marché et qualifiée.
Le prix des matières premières tient une place importante. Le désir de s’installer sur un marché porteur et intéressant pour les entreprises.
Les nouveaux flux de capitaux bénéficient des évolutions techniques dans le domaine des TIC. La Triade concentre ces flux là qui sont hyperconcentrés dans les villes (New-York, Tokyo, Londres, Francfort). Il y a eu des crises financières parfois internationales dans les années 90 qui ont montré que cette mobilité des capitaux pouvait être fragile et dangereuse.
B - Les flux d’informations et d’hommes
Aucun point de la planète n’est à l’écart de l’information.
Elle se diffuse désormais dans tous les endroits du globe via le satellite. La puissance des Etats peut s’évaluer dans sa propension à diffuser de l’information (CNN).
Internet, radio, presse, télévision… sont des moyens de diffusion de l’information.
Environ 200 millions de migrants par an dans le monde.
Longtemps, on a eu des flux simples SUD-NORD comme par exemple : Mexique-USA. Mais, on note désormais des évolutions :
Les flux sont plus complexes : SUD-SUD, NORD-NORD ; à cause des pays émergeants et de la lutte contre l’immigration clandestine ;
L’augmentation du nombre de migrants (massification) ; les transports se sont développés et l’image des pays riches incite à l’émigration ; des réseaux migratoires se sont donc constitués ;
Les foyers d’accueil sont l’Europe occidental et l’Amérique du Nord. D’autres comme le Japon et quelques pays occidentaux attirent également de même que les pays pétroliers (Afrique du Sud, Brésil, Argentine…).
La pression démographique, la pauvreté (économique et sociale) et la politique (guerres, persécutions) poussent à l’émigration. Le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile à tendance a augmenté. On se réfugie aussi dans le pays voisin.
La plus grande guerre civile est au Darfour au Soudan. Les ONG essaient d’améliorer tant bien que mal la situation catastrophique.
On assiste à une fuite des cerveaux (« Brain Drain ») pour les pays de départ.
Les pays qui accueillent profitent d’une main d’œuvre bon marché mais il y a des graves problèmes d’intégration.
Les flux touristiques concernent 800 millions de personnes de par le monde. C’est l’avènement d’une civilisation de loisirs, de la hausse du niveau de vie et de la réduction du temps de travail. Voyager est devenu meilleur marché. C’est ce qu’on appelle la démocratisation du tourisme.
Les pôles émetteurs sont les USA et l’UE. Les flux sont principalement NORD-SUD mais aussi NORD-NORD. Les aspects sont la nature, la culture, le soleil, la montagne, les parcs d’attractions…
Les destinations les plus prisées sont les pourtours méditerranéens et l’Asie. La France est le pays le plus visité au monde.
C’est un secteur essentiel. 1 actif sur 10 est employé dans le tourisme. Chiffre d’affaires : 600 milliards de dollars. Mais c’est une activité fragile aux aléas de la nature, économiques et politiques.
II - Les acteurs de la mondialisation
Les acteurs sont de plus en plus nombreux et complexes ; leurs intérêts étant souvent contradictoires. Ces différents acteurs agissent à des échelles différentes.
A - Les Firmes Transnationales (FTN)
Ce sont des sociétés aux origines communes, mais qui n’ont pas de siège social dans leurs pays d’origine. Elles sont au nombre de 70 000 dans le monde, génèrent 20% du PIB mondial, 1/3 du commerce et représentent ¾ de la production. Les 100 premières sont dans la Triade.
Certaines entreprises possèdent plus de PIB que les pays où elles résident.
« Exon pourrait s’acheter le Pakistan ».
Sur les 100e, 57 sont américaines, 28 européennes et 1 japonaise. Elles emploient 6 millions de personnes et réalisent 1/3 des IDE.
Elles sont au cœur de la mondialisation mais aussi des acteurs. Elles s’installent dans les pays du Sud où la main d’œuvre y est peu chère, les avantages fiscaux nombreux et la sécurité garantie. Cependant, la direction, les centres de recherches ainsi que la plupart des activités de conception demeurent localisées dans les métropoles de la Triade.
La mondialisation est une sorte d’éclatement de la production d’une part ; d’autre part, c’est la concentration croissante des activités dans les grandes villes : la métropolisation.
Ce sont deux mouvements contradictoires qui renforcent les contrastes NORD-SUD.
B - Les Etats
Environ 200 Etats très hétérogènes dans le monde.
Auparavant, chaque Etat gérait ses propres affaires intérieures en particulier en ce qui concernait son économie ; aujourd’hui, chaque Etat cherche à s’intégrer dans la mondialisation.
Les frontières n’ont pas d’existence pour les flux. Les paradis fiscaux protègent l’argent sale.
Néanmoins, l’Etat conserve un rôle essentiel dont les fonctions ont évolué. Sur le plan politique, il défend les intérêts de la nation à l’international. A l’échelle nationale, ces fonctions sont régaliennes (défense, sécurité, justice, politiques sociales et politiques d’aménagement du territoire).
L’Etat peut soutenir les FTN qui ont gardé leurs sièges dans les pays d’origines.
L’Etat a aussi un rôle régulateur ; il gère la fiscalité et dans certains pays la politique monétaire.
C’est encore le principal interlocuteur dans les négociations internationales (OMC, ONU…) ; il peut encore s’occuper de ses frontières (les ouvrir pour favoriser le libre-échange ou les fermer). Il peut aussi développer la politique des zones franches en favorisant celles-ci (Corse, banlieue…).
En général, les Etats créent des alliances pour être plus forts. Ce sont des acteurs incontournables de la mondialisation même si les FTN prennent une place prépondérante.
C - D’autres acteurs
Le FMI, l’ONU, l’OMC sont d’autres acteurs de la mondialisation.
1 - L’Organisation des Nations Unies
L’ONU intervient par des organismes spécialisés tel que le FMI dont le but est de consolider l’économie mondiale en aidant par des prêts en échange d’engagement de rigueur économique, le pays en difficultés économiques. Mais, le FMI est très controversé. Ce sont les USA qui pèsent le plus sur le FMI. C’est donc un modèle de diffusion du modèle américain à grande échelle.
2 - L’Organisation Mondiale du Commerce (WTO)
L’OMC favorise le commerce dans le monde en affirmant le libéralisme.
Des forums de discussions comme le G8 prennent des décisions importantes.
3 - Les Organisations Non-Gouvernementales
Les ONG sont environ 5 000 dans le monde dont le but est de pallier les insuffisances des Etats (Amnesty International, MSF, Greenpeace…). Leur capacité d’intervention est importante et les médias les représentent.
4 - Les « lobbies » ou groupes de pression
Les groupes de pression (Lobbies) partagent un intérêt commun et minent des revendications. Les diasporas permettent le partage d’informations (exemple : 30 millions de chinois dans le monde). D’autres sont clandestins comme les MAFIAS qui sont elles aussi médiatisées (mafias japonaises, italiennes, albanaise…).
Les fonds de pension sont chargés de récolter l’argent des futurs retraités. Ils sont très puissants sur l’économie mondiale et influencent le cours des monnaies.
III - Les lieux de la mondialisation
La mondialisation est facilitée par des espaces relativement limités dont la Triade et les grandes métropoles (grandes villes des pays riches).
A - La Triade dans l’économie mondiale
Amérique du Nord (USA + Canada), Europe et Japon forment la Triade. Mais ce sont les USA qui dominent.
L’atout européen est son économie ; c’est une puissance commerciale. Sa force est historique depuis le XVIe siècle car c’est là que s’est opérée la Révolution Industrielle. C’est aujourd’hui la première zone d’IDE. De plus, la colonisation est intégrée à la mondialisation. Un autre atout est sa propension à rechercher, innover, se former. La construction européenne a permis d’être intégrée à la mondialisation (1957 : Traité de Rome).
Le Japon est une puissance incomplète. Sa réussite est principalement économique.
80% des flux mondiaux de richesses (PIB) proviennent de la Triade.
75% de l’industrie du globe.
85% de la recherche.
86% de la capitalisation boursière.
Ses principaux atouts sont :
Ses centres de commandement ;
Sa main-d’œuvre qualifiée ;
Ses principales innovations ;
A l’intérieur même de la Triade on distingue des pôles.
New-York, ville mondiale
New-York est aujourd’hui considérée comme la métropole au centre du monde tant sur le plan économique, démographique, culturel et politique.
La ville de New-York est une concentration de la puissance américaine, véritable symbole mondial.
Tout d’abord, elle reste la plus peuplée des villes du Nord avec ses 17 millions d’habitants. C’est aussi une ville cosmopolite. La population est très diversifiée de par ses origines mais aussi de la langue parlée qui n’est pas forcément l’anglais.
En ce qui concerne l’économie, c’est sans conteste le quartier de Manhattan qui constitue le cœur démographique de New-York. Malgré la disparition de l’image dégagée par le World Trade Center, Manhattan regroupe la plus grande place boursière du monde (Wall Street) et financière (présence de la réserve fédérale d’or).
Les activités de tertiaire de haut niveau s’y concentrent (médias, télécoms, high-tech…) avec la présence des centres de commandements des entreprises multinationales.
En outre, la présence de moyens de transports et de communications permettent le transfert de flux de biens marchands ou non marchands (port mondial, 3 aéroports).
B - L’Archipel Métropolitain Mondial (AMM)
C’est un ensemble de villes qui concentre des fonctions stratégiques (économique, politique, financière) et qui fonctionnent en réseau.
3 mégalopoles : Sud-est des USA, dorsale européenne, de Tokyo à Osaka pour le Japon.
On y retrouve des activités à fortes valeurs ajoutées.
Des mégalopoles sont en formation pour se brancher sur le réseau mondial. Elles sont dans des pays du Sud mais proches du Nord (Séoul, Guangzhou, Buenos Aires, São Paulo, San Francisco-Tijuana).
C - Les interfaces, points d’appui de la mondialisation
L’importance croissante d’interface provient de l’ouverture des frontières et de la tendance à des accords économiques. C’est une ligne de relations.
Les frontières par leur ouverture deviennent très dynamisées (Etats-Unis - Mexique avec les maquiladoras).
Les façades littorales sont aussi des points d’appui. Elles profitent de la littoralisation (déplacement des activités vers les côtes) ; de même les échanges maritimes se développent.
Hinterland : arrière-pays qui dépend des côtes.
L’espace maritime est devenue une zone à contrôler.
1982 : Zone Economique Exclusives (ZEE).
370 km depuis les côtes dans lesquelles un pays dispose de tous les droits (pêche, minéraux, pétrole…).
Les zones franches ou offshores sont souvent des îles aux avantages fiscaux qui attirent les capitaux (îles caïmans, canaries…).
IV - La mondialisation : source de l'inégal développement du monde ?
La mondialisation profite inégalement aux territoires. Il y a des degrés d’intégration.
A - Les centres d’impulsion : la Triade
Ces Nords cumulent les éléments de puissance :
Pouvoir financier (bourses, banques) ;
Pouvoir économique ;
Activités de recherches et d’innovations ;
Puissance culturelle (y compris d’informations) ;
Nœuds de communication (air, terre, mer) ;
Les grandes villes se ressemblent le plus ; il faut distinguer les métropoles des pays et du Reste du Monde.
Il y a une hiérarchie entre les pôles de la Triade.
B - Les Suds
Les points communs sont :
Critères sociodémographiques (forte mortalité infantile due à l’insuffisance médiale, espérance de vie inférieure à celle du Nord) ;
Problèmes sanitaires de sous ou malnutrition (1 milliards de personnes) ;
Il y a des périphéries intégrées à la mondialisation mais les pays de l’ex-URSS se retrouvent dans le Sud ;
Les pays émergeants voient leur PIB en forte hausse à la limite de du Nord (NPIA) :
Dragons : Taïwan, Singapour, Corée du Sud et Hong-Kong ;
Bébés tigres : Indonésie, Malaisie, Philippines ;
Hors Asie : Chili, Brésil, Afrique du Sud, Mexique… mais ils dépendent des autres pour leur réussite économique ;
Les pays producteurs de pétrole (Golfe Persique pour la plupart) : Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis… Les élites s’enrichissent et le développement est faible ;
Inde et Chine sont les pays les plus peuplés : ils sont à la fois développés sur certains traits (industries de pointe) mais aussi sous-développés (aspects sociaux négligés) ;
Les Pays les Moins Avancés (PMA) sont pour la plupart situés en Afrique subsaharienne.
Ce sont des espaces en marge de la mondialisation. Les puissances du Nord ne les exploitent même pas car inintéressantes. Ils représentent une cinquantaine de pays (Somalie, Ethiopie, Mali, Niger, Burkina-Faso, Tchad, Bangladesh…).
Certains de ces Etats régressent comme la Russie (espérance de vie en baisse) et l’Argentine… alors que d’autres s’en sortent tant bien que mal et se trouve à la limite Nord-Sud comme la Chine et les dragons.
La mondialisation est un phénomène relativement ancien qui s’accélère et qui s’étend.
Il détermine en grandes parties la hiérarchie des pays car il profite inégalement aux différentes parties du monde.
Néanmoins, la séparation traditionnelle entre Nord et Sud est de moins en moins pertinente car le monde se complexifie.