THEME 1 - Croissance, capital et progres technique
Plan de l'article
La recherche de la croissance est une préoccupation constante et majeure tant au niveau de l'entreprise qu'à celui de la nation. Or, la croissance ne peut se concevoir sans investissements et donc sans accumulation de capital ; cependant, la mobilisation du capital, puis sa transformation en investissements productifs supposent à la fois des conditions favorables et l'existence d'un cadre institutionnel.
Si la croissance ne peut se concevoir sans investissements, elle résulte également du progrès technique et de la recherche-développement. Ceux-ci contribuent à bouleverser profondément les structures économiques et sociales.
La productivité désigne la production obtenue compte-tenu des facteurs utilisés pour produire (capital + travail).
Il existe 2 manières d’interpréter cette productivité soit en objet (productivité physique) soit en valeur (productivité en €).
Lorsque la productivité augmente, on réalise des gains de productivités (on produit autant ou plus à moindre coût).
Les conséquences sont multiples :
La richesse créée progresse ce qui se répercute par une hausse du revenu (facteur travail) ou à une hausse du profit (facteur capital) ;
Si le revenu augmente, les salariés consomme plus ce qui favorise l’investissement des entreprises ;
Si les profits augmentent, les entreprises ont plus de moyens pour investir ce qui permet d’introduire le progrès technique ;
En produisant plus et moins cher, on peut ensuite baisser les prix et accroître la compétitivité du pays ;
La productivité est bien source de croissance et d’enrichissement ; elle améliore le niveau de vie et le bien-être.
Les sources de la productivité sont variées :
Le capital physique : il décrit l’intensité de l’effort d’investissement d’un pays ;
Le capital humain : il décrit l’intensité de formation et de qualification de la main-d’œuvre ;
Les ressources naturelles ;
Le savoir technologique : il décrit l’intensité de l’effort en Recherche et Développement d’un pays c'est-à-dire sa capacité à introduire des innovations et donc le progrès technique ;
Le document présente une étude comparative des niveaux de productivité en Europe et aux États-Unis, en particulier la productivité horaire du travail au niveau du PIB / heures travaillées.
La méthode de calcul utilisée est la suivante : pour chaque année le niveau de productivité de chaque pays est comparé à celui des Etats-Unis en base 100. Par exemple, Royaume-Uni en 1870 : soit 15% plus forte que celle des Etats-Unis.
On peut faire plusieurs constats :
Au début de la période, le Royaume-Uni est encore le pays dominant économiquement mais sa productivité horaire va augmenter moins vite que celle des Etats-Unis et elle devient même inférieure au début du XXe siècle ;
Dans le même temps, tous les pays d’Europe continentale ont une productivité horaire inférieure à celle des Etats-Unis et en plus cette productivité augmente moins vite d’où une baisse de la position relative de l’Europe au regard des Etats-Unis ;
A partir des années 50, la position relative de l’Europe au regard des Etats-Unis s’améliore autrement dit la productivité horaire européenne augmente plus vite ; il y a phénomène de rattrapage plus particulièrement pour la France ;
Les niveaux de productivité varient selon les pays ce qui va se déterminer des niveaux de croissance différents plus ou moins riches en gains de productivité : on parle de croissance extensive ou intensive.
La valeur ajoutée décrit la richesse créée par l’entreprise lorsqu’elle déduit de son chiffre d’affaire, les consommations intermédiaires.
La somme de toutes les valeurs ajoutées permet de calculer le PIB dans un pays et lorsque celui-ci augmente on parle de croissance économique. On peut produire à partir de 2 modèles de croissances différentes :
Parce que l’on utilise plus de facteurs de production (capital+travail) ce qui à priori est favorable à l’emploi (modèle anglo-saxon) ;
On produit plus de richesses en s’appuyant sur une meilleure utilisation des facteurs de production existant c’est-à-dire des gains de productivité. A priori, c’est plus défavorable à l’emploi à court terme (modèle européen) ;
Pour accroître les gains de productivité, le rôle du progrès technique est essentiel. Apparaissent alors 2 situations possibles :
Le modèle de progrès technique exogène : il est extérieur au fonctionnement du système. Il ne dépend pas du comportement des acteurs, on peut citer par exemple les transferts de technologie NORD-SUD lorsque les multinationales s’implantent dans certains pays ;
Le modèle de progrès technique endogène : il dépend du comportement des acteurs eux-mêmes et de l’économie nationale à partir de critères variés : intensité de l’effort de recherche, importance des universités, liaisons universités-entreprises, rôle de l’État pour financer la recherche, stock de capital humain ;
Le progrès technique est donc essentiellement endogène dans les pays riches.
2 - Le capital humain
Le document décrit la situation allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale et le redressement miraculeux de ce pays qui s’explique par 2 facteurs :
Exogène : avec le plan Marshall américain ;
Endogène : parce que l’Allemagne était un grand pays (industrie puissante, qualification de la main-d’œuvre, scolarisation poussée…) ;
Le capital humain a donc été essentiel car il a permis au pays de s’appuyer sur la qualification de sa main-d’œuvre pour se redresser. On le définira comme « le stock de qualifications et de connaissances incorporés dans l’esprit et dans les mains ».
Il dépend des diplômes, de la formation initiale et continue. Il est source de productivité et de croissance.
3 - Le capital fixe
L’investissement a un rôle décisif dans l’économie en contribuant à modifier la fonction de production :
Il introduit le progrès technique ; il est donc source de productivité ce qui permet de produire autant ou plus à moindre coût. On parle d’investissement de productivité ;
Il permet de répondre à la demande lorsque celle-ci progresse. C’est l’investissement de capacité ;
Il permet de remplacer les machines usées ou dépassées au niveau technologique, c'est-à-dire obsolète. C’est l’investissement de remplacement ;
Lorsqu’il y a atonie de l’investissement dans un pays celui-ci perd progressivement de sa compétitivité –prix ou hors-prix :
Parce qu’il n’incorpore plus le progrès technique ;
Parce que si la demande progresse, il risque de ne pas pouvoir y remédier (d’où inflation et importation supplémentaire) ;
L’investissement est mesuré en comptabilité nationale par la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF), c'est-à-dire l’achat de biens durable de production (capital fixe), utilisé pendant plusieurs cycles de production (supérieur à un an).
Le capital circulant décrit les biens ou les services transformés ou détruits […] c'est-à-dire les consommations intermédiaires.
3 acteurs majeurs investissent dans le pays :
Les entreprises (machines et bâtiments) ;
L’État (infrastructures) ;
Les ménages (logements) ;
La FBCF mesure donc l’investissement matériel (machine, bâtiments, logiciels, prospection minière et œuvres artistiques…).
Le capital fixe joue un rôle crucial dans la croissance économique.
4 - Le progrès technique
Schumpeter, théoricien du rôle des innovations nous montre comment le progrès technique va révolutionner la fonction de productivité en partant de l’histoire de la Révolution Industrielle.
Les innovations ont pour effet « de briser la routine du capitalisme » parce qu’elles permettent un nouvel équilibre en introduisant de nouveaux procédés ou de nouveaux produits.
Définie comme l’application industrielle d’une invention ; elles ont permis le passage d’une économie stationnaire à une économie de croissance par :
Des gains de productivité qu’elles introduisent (invention de procédés) ;
Par la nouvelle demande qu’elles induisent (innovation de produits) ;
En remplaçant « du vieux par du neuf » elles sont sources de destruction créatrice.
Comme ces innovations se renforcent entre elles (« grappes d’innovations »), il y a un effet de synergie dans l’économie. La performance du tout étant supérieure à la somme des performances individuelles.
Le progrès technique est source de richesses supplémentaires donc de croissance économique.
5 - Croissance exogène ou endogène ?
Le document met en avant la vision contemporaine de la croissance économique dite endogène : il existe des facteurs cumulatifs de croissance économique qui dépendent « de l’importance des décisions prises par les individus, les entreprises et l’État ». Il y a donc une dynamique interne à la croissance celle-ci étant auto-entretenu.
On peut recenser :
Le capital physique c’est-à-dire l’investissement ;
L’investissement en capital humain ;
L’importance des innovations ;
Les investissements publiques ou infrastructures ;
Les externalités positives se cumulent et la croissance se nourrie d’elle-même favorisant le développement.
B - Origines de la productivité du travail
1 - L'organisation du travail
A partir de l’exemple de l’industrie de la viande aux USA à la fin du XIXe siècle et de l’organisation du travail qui se met en place, on peut établir le lien division du travail-productivité :
Les contraintes de production sont telles que l’industrie doit s’adapter pour produire vite et beaucoup ;
Le travail est donc repensé, rationalisé par une organisation plus scientifique : l’ouvrier reste en poste fixe, les tâches sont déqualifiées, découpées en fonctions successives c’est-à-dire parcellisées. Chacun se spécialise et c’est l’objet qui se déplace devant les salariés ;
Smith avait théorisé cette organisation puisqu’il y voyait 3 avantages :
La répétitivité des tâches permet d’accroître l’habileté du travailleur ;
Le travail posté limite les temps morts ;
La déqualification permet la mécanisation du travail ;
Une Organisation Scientifique du Travail (OST) tel qu’elle fut mise en place par Taylor est source de productivité du travail.
2 - TIC, progrès technique et accumulation du capital
C - Les facteurs individuels collectifs et socioculturels favorables à la croissance
1 - Rôle de l'entrepreneur et du marché
L’entrepreneur Schumpetérien est celui qui va briser la routine du capitalisme en révolutionnant les fonctions de production par l’introduction d’innovations. C’est donc celui qui prend des risques puisqu’il introduit des produits nouveaux qui sont à l’origine de la destruction créatrice. C’est donc lui qui va rythmer la croissance économique, par l’intensité des grappes d’innovations.
L’entrepreneur n’est donc pas un simple chef d’entreprise.
Pour basculer de la position de chef d’entreprise à celle d’entrepreneur au sens de Schumpeter, il existe plusieurs motivations de nature à justifier cette attitude :
Par l’innovation, l’entrepreneur se trouve en situation de monopole temporaire soit par l’innovation de produits ou de procédés ;
Il peut vendre au même prix ses innovations et donc détruire la concurrence ou vendre plus cher et obtenir une rente de monopole ;
Il n’est donc pas soumis à court terme à la concurrence par les prix imposés de l’extérieur par le marché et il est donc price-maker ;
Ce profit d’entrepreneur est donc une récompense à la prise de risque ;
2 - Le rôle de l'Etat
A partir de l’exemple historique des canaux aux USA, on met en évidence le rôle crucial de l’État dans la croissance économique. On peut ainsi trouver plusieurs justifications théoriques :
Par un investissement en infrastructures (ici les canaux) : ils favorisent la circulation plus rapides des marchandises, la production peut augmenter puisqu’il y a des débouchés assurés ; les coûts de transport diminuent, il y a donc des gains de productivité ; la richesse se répand plus facilement dans l’économie ;
L’État prend en charge lui-même le financement très lourd des investissements parce que sa solvabilité est plus assuré que celle du privé, notamment pour des projets dont la rentabilité est aléatoire à court ou moyen terme : on parle de monopole naturel ;
Par ailleurs, le rôle du droit et des règles que met en place l’État en favorisant la sécurité des biens, des personnes et des contrats (fonctions régaliennes) mais aussi la mise en place d’un système de financement favorisant la croissance économique ;
Comme celle-ci dépend du comportement des acteurs, on dit qu’elle est endogène.
3 - Les facteurs socioculturels
Plusieurs stimulants sociaux, institutionnels et politiques vont se conjuguer pour renforcer la croissance économique :
La disparition de la féodalité favorise une unification territoriale et une fiscalité de l’Etat central qui s’impose par ses fonctions régaliennes (mise en place des Etats-nations) ;
Les valeurs changent progressivement : la nationalité s’impose au détriment de l’obscurantisme, l’innovation devient possible ; la science, le calcul économique et l’esprit du capital (Weber et Durkheim) s’impose. Une OST se développe qui favorise la productivité et l’accumulation des richesses ;
Les relations de type sociétaire s’imposent ; d’un Etat stationnaire on passe progressivement à un Etat de croissance : le positivisme devient déterminant au détriment du religieux d’où un certain désenchantement du monde.
La science s’impose au détriment des explications surnaturelles ;
D - Les limites de la croissance
1 - La difficile mesure de la croissance par le PIB
Le PIB reste un indicateur contesté de la mesure des richesses dans un pays parce qu’il privilégie une approche trop exclusivement quantitative :
Lorsqu’il y a des catastrophes (pollution, tempête…) et que cela génère une activité économique ; il y a alors création de richesses ;
Au niveau du foyer, le PIB ne mesure pas du tout ce qui contribue à augmenter le bien-être ou la richesse qui n’est pas marchandisée (autoproduction, travail des femmes au foyer…) ;
Le PIB ne mesure pas tout le bénévolat qui pourtant créé des richesses sociales ;
Enfin, le PIB qui reste trop centré sur la seule vision quantitative du progrès peut entrer en contradiction avec la notion de développement durable ;
2 - La croissance contre le développement durable
L’exemple de la pêche intensive nous montre les effets négatifs d’une vision trop quantitative de la croissance qui s’inscrit en opposition au développement durable : il y a surexploitation des espèces ; celles-ci disparaissent, la pollution du lac s’accroît, renforcé par la déforestation.
L’enrichissement ne profite pas à tous et sur un long terme, le bien-être des générations futures n’est plus assuré.
Les activités humaines présentent donc parfois des externalités négatives qu’il convient de prendre en compte pour améliorer le sort des populations.
L’objectif progressif est d’internaliser des effets qui jusque là étaient externes : par exemple, le marché des droits à polluer est accordé dans le cadre du protocole de Kyoto pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est d’inciter les entreprises à moins polluer en récompensant les faibles polluants qui ont la possibilité de vendre leurs droits à polluer.
II - Accumulation du capital, progrès technique et croissance
A - Définitions, formes et types d'investissement
1 - Définitions, acteurs et évolutions de l'investissement
Selon Böhm-Bawerk, l’investissement constitue « un détour de production » parce qu’il consiste à mobiliser du temps, de l’argent, pour rendre le travail plus productif : l’objectif est donc de produire autant ou plus si possible en limitant les coûts en espérant obtenir « un retour sur investissement » (gagner plus et accroître sa rentabilité).
Un détour de production pour un lycéen : le travail régulier.
Tout investissement est évidemment un pari parce qu’une prise risques que le marché récompensera en cas de réussite.
Un secteur institutionnel est un regroupement d’unité institutionnel c’est-à-dire un regroupement d’acteurs économiques caractérisés par une fonction principale et des ressources principales.
On retient :
Les ménages ;
Les Sociétés Non Financières ou entreprises (SNF) ;
Les Sociétés Financières (banques, assurances…) ;
Les Administrations Publiques (APU) ;
Les ISBLM (Associations) ;
Le Reste du Monde (RDM) mesure toutes les relations entre les unités résidentes et non résidentes (x/m).
L’investissement des SNF a augmenté de 3.6% entre 2004 et 2005 en passant de l’indice 100 à 103.6 et a donc été multiplié par 1.036.
Plus de la moitié de l’investissement en France est réalisé par les entreprises, un peu plus du quart par les ménages (logements) et moins du 1/5 par les APU (infrastructures).
L’investissement cumulé a augmenté en France de 9% entre 2002 et 2005 en passant de l’indice 100 à 109 en étant multiplié par 1.09.
La FBCF permet de mesurer l’achat de biens durables destiné à être utilisé pendant plusieurs cycles de production. C’est donc l’achat de biens de production ou capital fixe ; essentiellement des machines ou des bâtiments. La FBCF mesure l’investissement matériel.
En revanche, le capital circulant décrit l’achat de biens ou de services utilisés et/ou transformés au cours du processus de production pour réaliser un produit fini (les consommations intermédiaires) dont la durée de vie est inférieure à un an.
La Formation Nette de Capital Fixe (FNCF) mesure l’augmentation du volume de capital fixe réalisé par les opérations d’investissement (c’est donc le nombre de machines en plus) selon la formule :
FBCF = FNCF + CCF
FNCF = FBCF - CCF
La consommation de capital fixe mesure le remplacement des machines usées, dépassées, c’est-à-dire obsolète. Elle correspond à l’amortissement c'est-à-dire à la perte de valeur du capital fixe. On retiendra les formules suivantes:
Taux d'investissement des entreprises = (FBCF / VA) x 100
Taux d'investissement de la nation = (FBCF totale / PIB) x 100
On peut mettre en évidence les tendances de l’investissement en France depuis 30 ans :
En tendance, le taux d’investissement des entreprises diminue ;
L’investissement semble de plus en plus cyclique avec des périodes de baisse et de hausse régulière ;
L’investissement semble dépendre de déterminants particuliers plutôt liés à la demande ou plutôt liés à l’offre ;
Dans les années 70, le taux d’investissement diminue parce que la part des salaires dans la VA augmente donc le taux de marge diminue ce qui réduit la part des profits mobilisables pour l’investissement (taux d’autofinancement qui baisse) ;
Le 2e moitié des années 80 voit le taux d’investissement augmenter : il y a eu un changement de politique économique ; la part des salaires dans la VA diminue d’où la hausse du taux de marge ; ce qui accroît d’autant les profits mobilisables pour l’investissement (taux d’autofinancement qui augmente) ;
Les 2/3 des années 90, le taux d’investissement diminue : la croissance est faible, le chômage très élevé, les entreprises sont beaucoup moins incités à investir parce que la demande des ménages reste atone ;
Fin des années 90-2002, le taux d’investissement progresse : la forte baisse du chômage et la forte croissance incite les entreprises à investir parce que la demande des ménages est forte ;
L’offre agit négativement sur l’investissement (libérale) ;
L’offre agit positivement sur l’investissement (libérale) ;
La demande agit négativement sur l’investissement (keynésienne) ;
La demande agit positivement sur l’investissement (keynésienne) ;
Dans la période actuelle, l’investissement est plutôt faible ;
2 - Types et formes de l'investissement
L’investissement immatériel devient de plus en plus important. Il regroupe essentiellement la Recherche et Développement et le marketing soit plus des 9/10. L’investissement immatériel représente 40% du total de l’investissement.
Cet investissement devient essentiel pour la compétitivité d’un pays car il est facteur de compétitivité hors-prix. Celle-ci dépend :
Des innovations ;
De l’image de marque de l’entreprise ;
Du service après-vente ;
De la qualification des employés ;
Face aux pays du Sud dont les coûts de main-d’œuvre sont plus faibles, la production nationale incorpore aussi plus de contenu technologique en étant plus capitalistique.
3 - Les IDE
Les Investissements Directs à l’Etranger et en particulier les flux entrants permettent de mesurer les investissements en se positionnant dans le pays d’accueil.
Ici, les principaux pays d’accueil des IDE sont les pays industrialisés. Les flux d’IDE entrant dans les pays riches ont été multipliés par 10 en 15 ans alors que dans les pays en développement les flux ont été multipliés par 5 en 15 ans. Les flux d’IDE suivent essentiellement un trajet NORD-NORD.
La perception traditionnelle de l’investissement c’est-à-dire la vision nationale est largement dépassée car les entreprises françaises investissent beaucoup à l’étranger mais la France reste le 2e pays d’accueil en Europe.
La mondialisation passe aujourd’hui par l’internationalisation des investissements.
B - Les déterminants et les motifs de la décision d'investissement
1 - Le rôle de la demande et le taux d’utilisation des capacités productives
La demande effective est une notion centrale dans l’analyse keynésienne : c’est la demande anticipée par les entrepreneurs qui va déterminer leur niveau de production, puis le niveau de l’emploi global dans le revenu et la consommation de la société.
Le volume de l’investissement est assez inerte à court terme car l’investissement suppose plusieurs conditions qu’il n’est pas aisé de toujours réunir :
Il faut tout d’abord que la hausse de la demande anticipée soit suffisamment forte et durable ; autrement dit il faut que la demande effective qui comprend la consommation et l’investissement soit suffisamment forte ;
En plus des débouchés, il faut que le taux d’utilisation des capacités productives soit suffisamment élevé ce qui est synonyme d’une utilisation intensive des machines : plus ce taux est élevé autrement dit plus les machines sont utilisées et plus la hausse de la demande se traduira par une hausse de l’investissement ;
L’investissement constitue toujours un risque dont la rentabilité n’est pas assurée : il faut trouver des fonds et avoir un personnel qualifié d’où une certaine inertie ;
Lorsque toutes les conditions sont dépassées, l’investissement va varier et on met en évidence une très forte relation entre la variation de la demande et la variation de l’investissement : plus le taux d’utilisation des capacités d’utilisation est fort et plus toute hausse de la demande se traduit par un investissement plus que proportionnel.
Inversement, dès que la demande ralentie, l’investissement suréagit mais à la baisse.
Toute variation de la demande entraîne une variation plus que proportionnelle de l’investissement. C’est le principe de l’accélérateur.
La demande constitue le 1er déterminant de l’investissement comme on l’a vu dans les périodes 3 et 4. C’est un déterminant de nature keynésienne.
2 - Profits, rentabilité et profitabilité
La mise en parallèle de tous les indicateurs confirme l’alternance des déterminants en France permettant d’expliquer la hausse ou la baisse de l’investissement à savoir :
Plutôt des déterminants libéraux (le rôle du profit) dans les périodes 70-80, d’où la nécessité de la rupture libérale dans les années 70-80 ;
Plutôt des déterminants keynésiens (la demande) dans les décennies 90-2000, d’où la question de la poursuite de la logique libérale aujourd’hui ;
On peut donc insister sur le rôle du profit.
On peut différencier 2 types de rentabilité qui vont constituer dans l’entreprise 2 indicateurs précieux.
Rentabilité économique et rentabilité financière constituent des indicateurs de la capacité des entreprises à dégager du profit.
Le profit est mesuré par l’EBE calculé de la manière suivante :
EBE = VA - (impôts liés à la production + salaires)
VA = CA - CI
Il existe donc deux rentabilités :
La rentabilité économique : elle intéresse plus particulièrement le chef d’entreprise puisqu’elle symbolise la capacité de l’entreprise à dégager du profit compte tenu du capital qu’elle immobilise pour produire ;
La rentabilité financière : elle intéresse les actionnaires puisqu’elle constitue un indicateur de la capacité à dégager du profit pour chaque € immobilisé par les actionnaires dans les fonds propres de l’entreprise ;
Les 2 rentabilités sont liées puisque pour l’actionnaire, il y a peu d’espoir de connaître une rentabilité des fonds propres si l’entreprise n’est pas capable de dégager du profit.
Mais l’actionnaire va suivre sa propre logique car il va décider ou non de mobiliser ses fonds dans l’entreprise au regard de la comparaison de 2 indicateurs :
La rentabilité financière ;
Le taux d’intérêt réel ;
Apparaît alors un nouvel indicateur : la profitabilité définie comme la différence entre le taux de rentabilité financière et le taux d’intérêt réel. 2 situations sont alors possibles :
Une profitabilité négative : la rentabilité financière est inférieure au taux d’intérêt ; il est donc plus intéressant de placer ses fonds à la bourse plutôt que de les immobiliser dans un investissement dans l’entreprise ;
Une profitabilité positive : l’actionnaire va privilégier une immobilisation de ses fonds dans un investissement dans l’entreprise ;
Parfois, même si la profitabilité est positive (et donc que l’actionnaire devrait immobiliser ses fonds propres) il peut être intéressant pour lui de financer l’investissement par de l’endettement ce qui a pour conséquences d’accroître sa rentabilité financière. On parle d’effet de levier positif de l’endettement (le contraire est appelé effet de massue ou boomerang).
Cas n°1
Cas n°2
Cas n°3
Cas n°4
Fonds propres
1 000000
500000
500000
500000
Dettes
0
500000
500000
500000
Captal permanent
1000000
1000000
1000000
10000000
Rentabilité éco.
10%
10%
10%
10%
EBE
100000
100000
100000
100000
Taux d’intérêts
5%
5%
15%
10%
Mtnt des intérêts
0
25000
75000
50000
EBE - Intérêts
100000
75000
25000
50000
Rentabilité finan.
10%
15%
5%
10%
Les 4 cas mettent en évidence les effets positifs ou négatifs de l’endettement pour une entreprise et ses propriétaires que sont les actionnaires :
Cas n°1 : l’actionnaire décide de tout financer par lui-même par une augmentation de fonds propres ; il n’a donc pas d’endettement et donc par d’intérêts à verser. La rentabilité financière est donc de 10% et elle représente la rentabilité des capitaux qu’il a immobilisé ;
Cas n°2 : l’actionnaire finance pour moitié l’investissement sur fonds propres et s’endette pour l’autre moitié (financement intermédié ou direct par l’émission d’obligations ou de billets de trésorerie). Il y a donc des intérêts à verser ici à hauteur de 5%, le bénéfice est donc amputé de 25 000 €. Malgré tout, sa rentabilité financière est plus élevée, elle passe à 15% : la rentabilité de capitaux qu’il a immobilisé est supérieure au cas n°1 parce que l’entreprise réalise des bénéfices en immobilisant 2 fois moins de capitaux pour l’actionnaire. On parle d’effet de levier de l’endettement défini comme la hausse de la rentabilité financière que procure un endettement ;
Cas n°3 : le taux d’intérêt va augmenter en passant à 15%. Le montant à rembourser est plus élevé ce qui augmente d’autant l’EBE et réduit donc la rentabilité financière de l’actionnaire (elle passe à 5%) : il y a effet de massue ;
Cas n°4 : ici, on recherche le niveau de taux d’intérêt maximum que peut accepter l’actionnaire pour qu’il n’y ait aucun effet sur rentabilité financière : à 10% de taux d’intérêt sa rentabilité financière reste à 10% comme dans le cas n°1 ;
On a donc mis en évidence l’effet de levier de l’endettement qui montre qu’une entreprise et la rentabilité financière de l’actionnaire peut augmenter à la condition que la rentabilité économique soit supérieure au taux d’intérêt réel.
Un déterminant apparait donc essentiel ici concernant la prise de décision ou non d’investissement : il s’agit du taux d’intérêt réel
On peut recenser concernant la variation des taux d’intérêts réels plusieurs périodes depuis les années 70 :
Les années 70 : le taux d’intérêt réel est faible voir négatif parce que l’inflation était très élevée, 12 à 14% en moyenne, contre environ 2% aujourd’hui ;
A priori, cette faiblesse était favorable aux emprunteurs d’où un possible effet positif sur l’investissement ;
Les années 80 : les taux d’intérêts réels vont augmenter pour 3 raisons :
D’une part avec la politique libérale monétaire, on augmente les taux d’intérêt nominaux pour limiter la création monétaire (politique de rigueur pour favoriser la désinflation) ;
D’autre part, il s’agit d’obtenir une monnaie forte en attirant les capitaux étrangers ; on augmente alors les taux d’intérêts nominaux et cette politique dite de franc fort favorise la baisse du prix des produits importés (on obtient alors la désinflation importée) ;
Enfin, l’inflation augmente de moins en moins vite ;
Les taux d’intérêts réels vont rester élevés pendant les années 90 ;
A priori, sur ces 2 périodes (80-90), l’influence des taux d’intérêts réels élevés est défavorable pour l’investissement.
Enfin, pour la décennie 2000 avec le passage à l’Euro, il n’y a plus de nécessité de défendre en Europe la valeur d’une monnaie par rapport à une autre : on assiste à une détente sur les taux d’intérêts. C’est à priori, favorable à l’investissement.
Si on compare la théorie évoquée ci-dessus et la réalité des courbes, on constate une distorsion plus marquée entre taux d’intérêts réels et d’investissement.
A savoir que le niveau du taux d’intérêts réels semble moins important aujourd’hui que d’autres déterminants comme la demande et le profit.
La décision d’investissement dépend donc de nombreux paramètres :
La demande ;
Le Taux d’Utilisation des Capacités Productives (TCUP) ;
Le profit ;
Le niveau d’autofinancement ;
Les différents niveaux de rentabilité dans l’entreprise (économique et financière) ;
La profitabilité ;
L’endettement et l’effet de levier ;
Le niveau des taux d’intérêts réels ;
Le coût relatif du capital et du travail ;
si par exemple, le salaire minimum augmente fortement cela peut inciter les entreprises à substituer du capital au travail et donc à investir ;
Le poids de l’endettement passé pour une entreprise est également très important : si l’entreprise est très endettée elle utilisera avant tout les profits pour se désendetter avant d’investir ;
3 - Investissement, rendement anticipé et actualisation
L’investissement constitue bien « un pari incertain » puisque c’est une prise de risque dans le temps qui dépend de très nombreux paramètres. Le profit espéré est donc aléatoire parce que l’investisseur a peu de maîtrises de paramètres extérieures comme la demande, le taux de croissance, le niveau des exportations, salaires, taux d’intérêts, politique économique de l’Etat, évènement extérieurs…
L’entrepreneur va donc espérer puis anticiper un profit futur qu’il va essayer d’actualiser autrement dit il va transformer une somme hypothétique future en recettes présentes pour comparer avec le coût et choisir ou non d’investir.
2 logiques qui lient le présent et le futur : la capitalisation et l’actualisation :
Capitalisation : on part d’une valeur et on essaie d’estimer qu’elle sera la valeur future de la somme précédente ;
Actualisation : on essaie d’anticiper une valeur future en la transformant en une valeur présente par exemple en supprimant l’inflation pour voir si l’investissement est réellement rentable ;
Actualiser c’est donc anticiper un rendement futur en le comparant à un coût présent selon la formule : k0 = kn (1.1)-n
Dans le cas présent, l’investissement estimé rapporte 140 € au bout de 2 années : 140 x (1,1)-2 = 115,7.
Un investissement dont le bénéfice escompté est de 140 dans 2 ans pour une mise de fond de 100 au départ vaut en valeur actualisée 115,7.
Dans la mesure où le taux d’actualisation est de 10%, la rentabilité de l’investissement est de 15%, la décision est donc justifiée.
La phrase à expliquer met en perspective le niveau du taux d’actualisation dans le temps puisque celui-ci constitue un indicateur du niveau de dévalorisation de la monnaie et donc du profit escompté. Autrement dit, plus le taux d’actualisation est élevé et plus le profit sera dévalorisé ce qui oblige à avoir des investissements très rentables qui constituent une prise de risques supplémentaire.
Pour qu’un investissement soit rentable, il faut donc que sa rentabilité soit supérieure au taux d’actualisation.
La combinaison productive désigne les facteurs de production, capital et travail, permettant de réaliser la production de biens ou de services.
On mesure le coût du travail et du capital de manière différente :
Le coût du travail : il est mesuré par rapport au coût salarial total qui comprend le salaire brut versé aux salariés plus les cotisations sociales employeurs (en France le SMIC brut de 1200 € correspond à 400 € de CSE) ; le salarié, lui, touche le SMIC net c'est-à-dire le SMIC brut moins les cotisations sociales salariales (CSS) soit environ 1000 € ;
Le coût du capital : il dépend du prix du capital fixe (machines et bâtiments) et du coût d’accès au financement à travers le taux d’intérêts ;
L’employeur va donc comparer ce qui lui paraît le plus rentable dans cette combinaison productive entre capital et travail :
Par exemple, la baisse des charges sociales par l’employeur va alléger le coût du travail total ce qui constitue un moyen de favoriser la création d’emplois au détriment de l’investissement. On parle donc d’enrichissement du contenu de la croissance en emploi pour une croissance plus extensive ;
Pour une hausse du SMIC, il y a un risque de substitution du capital au travail pour une production plus capitalistique et donc un modèle de croissance intensive ;
L’entrepreneur recherche donc en permanence la rentabilité dans sa combinaison productive en ajustant capital et travail.
Les entreprises agissent aujourd’hui dans un cadre globalisé ou mondialisé, autrement dit, leurs stratégies s’élaborent dans le cadre global sans frontières pour lequel la concurrence est très forte.
L’investissement reste prioritaire pour un pays parce qu’il permet d’incorporer à la fonction productive, progrès technique et gains de productivité.
En particulier, l’investissement immatériel devient déterminant parce qu’il est source de compétitivité hors-prix ce qui est essentiel pour des pays concurrencés par des produits à faible coûts salariaux.
L’auteur développe donc le rôle de l’investissement comme variable clé de la compétitivité du pays. C’est un moyen d’accroître la rentabilité de l’offre française, de maximiser le profit, d’accroître la croissance et l’emploi.
2 - Investissement public et externalités
L’investissement public est déterminant dans une société. C’est celui réalisé par l’Etat et les collectivités locales (communes, conseils généraux et régionaux, communauté européenne).
Cette intervention présente plusieurs objectifs :
La mise en place d’infrastructures qui facilitent les échanges, le commerce, la croissance et le développement ;
Le développement du capital humain par l’éducation ce qui accroît la productivité du travail et la compétitivité du pays ;
L’Etat favorise donc les externalités positives par :
La prise en charges de monopoles naturels ; historiquement les moyens de communication, l’électrification, les transports, lorsque le coût initial est trop élevé pour le privé et la rentabilité incertaine ;
Enfin, la prise en charge de certains services favorise une égalité territoriale puisque le prix est le même pour tous dans l’accès à l’électricité, au gaz etc. ;
L’investissement est facteur de croissance et de développement et il favorise un modèle de croissance endogène.
3 - Les effets de l'investissement sur la demande et la croissance
L’investissement agit sur l’offre et la demande :
Sur l’offre : d’une part, il accroît quantitativement le volume de production notamment quand il s’agit d’investissement de capacités. D’autre part, il a aussi mais surtout un effet qualitatif parce qu’il permet d’introduire le progrès technique source de productivité du travail et donc de compétitivité, de parts de marché et de croissance. Il permet de produire plus, mieux et à moindre coût : il est donc essentiel ;
Sur la demande : en investissant, un acteur économique, public ou privé, injecte des liquidités dans l’économie. Par exemple, la construction d’un lycée fait intervenir de nombreuses entreprises qui paient leurs salariés, qui peuvent embaucher, qui commandent des consommations intermédiaires ou achètent des machines. L’ensemble accroît le revenu qui circule et génère plus de demande dans l’économie. L’investissement accroît donc la demande effective et le revenu global dans l’économie avec un effet multiplicateur. C'est-à-dire que la hausse du revenu induite et plus que proportionnelle à l’augmentation initiale de l’investissement ;
Le multiplicateur est soumis à un certain nombre de conditions car il faut calculer différentes propensions marginales :
A consommer : Δ Consommation / Δ Revenu = C
A épargner : Δ Epargne / Δ Revenu = S
A importer : Δ M / Δ Revenu = M
On peut alors en déduire grâce à un exemple, l’effet multiplicateur.
Période
Relance budgétaire
Hausse des revenus
Consommation
Epargne cumulée
0
100
100
C = 80 (100x0.8)
S=20 (100-80)
1
0
80
64 (80x0.8)
36 (80-64)
2
0
64
51,2
48
3
0
51,2
40,96
59,04
4
0
40,96
32,77
67,23
5
0
32,77
26,22
73,78
…
N
100
500
400
100
Δy = k.ΔI
y = revenu
I = investissement
k = multiplicateur keynésien
Par l’exemple, on remarque que la valeur du multiplicateur est égale à 5, autrement dit, la hausse du revenu de 500 (∆y) au bout de n années génère à la fois, une consommation supplémentaire et un supplément d’épargne qui compense le déséquilibre dû à la relance budgétaire financer sur déficit.
E - Progrès technique et changements économiques et sociaux
1 - Recherche et Développement, invention et innovation
A partir de l’exemple du « Fizz », fil à ouvrir des huitres, on peut différencier inventions et innovations :
L’invention : issue de la Recherche et Développement, elle décrit la découverte d’un produit ou d’un procédé nouveau et elle ne devient innovation qu’en passant au stade productif ;
L’innovation : elle décrit l’application industrielle d’une invention c'est-à-dire sa diffusion au grand public ;
Le Fizz est un échec et il n’est pas devenu une innovation car :
Il faut que le produit ou le procédé soit techniquement opérationnel ;
Il faut qu’il existe des débouchés suffisants pour que les industriels s’engagent ;
Il faut que le surcoût éventuel supporté par les consommateurs ou les entreprises soit acceptable ;
Depuis Schumpeter, il est habituel de distinguer 5 types d’innovations dont 2 majeures aujourd’hui :
De produits : le portable ;
De procédés : la robotique ;
De marché : la Chine ;
De matières premières : le pétrole ;
Organisationnelle : toyotisme ;
Pour Schumpeter, l’entreprise constitue la clé de voûte du système capitaliste puisqu’il a une vision de long terme : c’est lui qui est à l’origine de l’innovation à partir de son effort de Recherche et Développement. Tout dépend donc de sa personnalité puisque c’est à lui qu’il revient de briser la routine du capitalisme en prenant des risques pour enclencher le processus de destruction créatrice.
Cette entreprise requiert 3 qualités de la part de l’entrepreneur :
D’initiative en repérant un marché potentiel ;
De création en apportant des réponses à un besoin potentiel ;
D’organisation, en mettant en œuvre un processus productif capable de générer du profit ;
A la lecture des différents rythmes de variation, on constate que la compétitivité hors prix future de notre pays peut connaître des difficultés puisque l’innovation constitue pour les pays riches aujourd’hui « la porte de sortie » vers le haut dans la concurrence qui les oppose aux pays asiatiques.
Sur 100€ de DIRD en France en 2000, 36 soit le 1/3 sont réalisés par les APU.
Les administrations publiques comme le CNRS ou l’INRA constituent des organisations dont la mission est la recherche fondamentale en France.
Il y a aujourd’hui un contentieux entre chercheurs et gouvernements sur la part public accordée à la recherche.
La baisse de la part des APU s’explique par les difficultés budgétaires de l’Etat. Inversement la hausse de la part du privé s’explique par l’enjeu majeur que constitue l’innovation dans la recherche de compétitivité hors prix au niveau mondial.
Le document montre que 1% des entreprises (> 5000 salariés) réalisent plus de 43% de la DIRD (Dépenses Intérieures en Recherches et Développement).
La tendance générale qui se dégage c’est que ceux sont les grandes entreprises qui réalisent la part prépondérante de la Recherche et Développement ce qui se justifie :
Elles ont niveau de chiffre d’affaire suffisant pour en concentrer à la Recherche et Développement ;
Grâce à leurs tailles, elles peuvent accéder à des sources de financement diversifiées (crédits, actions, obligations) ;
Le niveau de richesses est alors prépondérant dans la répartition de la Recherche et Développement dans le monde, comme le montre le premier chiffre : près des 2/5 des dépenses de Recherche et Développement sont concentrées en Amérique du Nord et les 2/3 si on agrège l’Europe.
Cela s’explique par deux facteurs :
La Recherche et Développement est possible si en amont les richesses ont été accumulées pour la financer ;
Par de Recherche et Développement sans cerveaux, ce qui justifie derrière l’intervention de l’Etat pour l’investissement en capital humain et la mise en place d’infrastructures propices à des externalités positives (« Brain Drain » des pays du Sud) ;
Le document présente les revenus issues des dépôts de brevets mais aussi les dépenses lorsqu’il y a achat de ces brevets à l’étranger : la position américaine est largement éditrice puisqu’ils en tirent des recettes de plus de 6 milliards de $ et leur solde est largement excédentaire.
Le dépôt de brevets est essentiel pour protéger au niveau juridique ceux qui ont fait l’effort de Recherche et Développement. Chez Schumpeter, il se traduit par une récompense à la prise risques, qui, se traduit par :
Un monopole temporaire sur l’utilisation de l’invention (parts de marché et profits supplémentaires) ;
Une ressource de revenus à partir de la vente de licences d’utilisation (versement de royalties) ;
L’effort de Recherche et Développement en France à tendance a diminué depuis une quinzaine d’années en proportion de la richesse créée (2,2% du PIB). On retiendra la formule suivante:
Effort d'intensité = (DIRD / PIB) x 100
Cette tendance s’explique par :
La part décroissante du secteur publique ;
La faiblesse relative du poids des grandes entreprises en France (multinationales étant surtout anglo-saxonnes ou japonaises) ;
Les conséquences peuvent être inquiétantes à long terme puisque la Recherche et Développement, dépense importante de l’investissement immatériel préfère l’avenir et la compétitivité hors prix du pays en introduisant le progrès technique dans la fonction de production avec les innovations de produits et de procédés. Elle est à la base de l’économie de la connaissance.
2 - Progrès technique et obsolescence économique
A partir de l’analyse de Schumpeter apparaît l’idée que le capitalisme est en mouvement perpétuel dans un processus de destruction créatrice « en détruisant continuellement ces éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs ».
Ceux sont les innovations (produits, procédés, marché, matières premières et organisation du travail) qui favorisent la mise en place de périodes de prospérité et de crise. Les innovations introduisent des gains de productivité ou suscitent des besoins nouveaux. Elles favorisent un monopole temporaire qui récompense les efforts de l’entrepreneur Schumpétérien. C’est l’intensité de ces innovations qui apparaissent en grappes qui va rythmer le cycle économique : ceux sont des mouvements de l’activité économique, alternés, récurrents, d’amplitude et de périodicité régulière. Ceux des cycles économiques qui brisent la routine du capitalisme, le système étant en permanence en situation de déséquilibre et non stationnaire.
Schumpeter va ainsi expliquer les cycles économiques depuis la Révolution Industrielle par l’arrivée massive d’innovations.
Il explique alors par sa théorie de l’innovation, les cycles de Kondratiev ou cycle de long terme qui s’explique par une succession de mouvement avec 2 phases :
1 phase A dite de « croissance » avec une hausse de la production, de l’emploi, des prix ;
1 phase B dite « récession » (dépression) où il y a épuisement du modèle (dégonflement de l’emploi des prix, de la production) ;
Le schéma met en évidence le double effet de l’innovation dans l’économie :
Sur l’offre : elle rend obsolète le capital fixe en introduisant le progrès technique dans la fonction de production ce qui favorise la productivité, la compétitivité et encourage la création de richesses ;
Sur la demande : elle rend obsolète les produits anciens, suscite des besoins nouveaux et génère une croissance de la demande de produits ;
L’innovation est donc source de croissance économique.
3 - Les effets microéconomiques et macroéconomiques du progrès technique
4 - Progrès technique et changement social: l'exemple de la tertiarisation
Le premier document établit une analyse de long terme sur la répartition sectorielle de l’emploi en France depuis la fin du XIXe siècle :
L’emploi dans le secteur primaire s’est effondré en passant de l’indice 100 à 12,3 soit une baisse de 87% ;
L’emploi dans le secondaire suit une double évolution puisqu’il progresse jusqu’à la fin des 30 glorieuses (+40%) puis régresse dans les années 80 (-33%) ;
L’emploi dans le tertiaire progresse régulièrement (+263%) ;
Dans le même temps, le total de l’emploi a poursuivi sa progression en passant de 19 millions d’actifs à 24,5 millions en 2001.
Le progrès technique ne détruit pas l’emploi puisque celui-ci a progressé de 29%. Le progrès technique favorise donc un déversement d’emploi. Ce déversement d’emploi va s’expliquer par plusieurs facteurs :
L’intensité des gains de productivité par secteur : dans le secteur primaire ceux-ci sont forts, on produit donc de plus en plus avec moins d’actifs. Il y a exode rural et déversement de l’emploi dans le secondaire et le tertiaire ;
Dans le secteur secondaire, les gains de productivité sont très forts ; c’est le secteur le plus capitalistique qui incorpore le plus de progrès technique avec une mécanisation très poussée. Dans ce secteur, la demande en produits manufacturés était très forte jusqu’au début des années 80.
Aujourd’hui, l’emploi décline parce qu’il y a concurrence accrue dans le domaine industriel ;
Dans le secteur tertiaire, les gains de productivité sont faibles parce que c’est le secteur le moins mécanisable. Malgré tout ce secteur reste celui qui créé le plus d’emploi parce que la demande y augmente plus rapidement que les gains de productivité ;
Le progrès technique favorise donc des changements sectoriels en modifiant la composition de la population active ce qui se traduit par une progression de la formation et de la qualification du travail.